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 Stubborn love || Nathaniel & Delilah

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MessageSujet: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mer 23 Oct - 18:24



unconditionnally



Stubborn love || Covered by Ciara Catalla


Il a ces histoires, ces histoires qu’on raconte aux enfants, ces histoires qu’on se plait à aimer, même en silence, même en secret. Des contes, des légendes, des amours symboliques… Qui n’a jamais entendu parler de Romeo et Juliette ? Il le sait, je passe des heures à lire, là-bas, dans les pièces au fond de la maison, celle où j’entasse mes plus précieux trésors. Cette maison est un coffre, une prison, aussi… Ce soir, tout semble si différent. Oui, j’ai l’impression que les choses changent, qu’elles se précipitent. Et au fond, ça me fait peur. C’est incroyable, n’est-ce pas ? Mais oui, on a tous des secrets, des démons qu’on cache au reste du monde. Et il arrive à tous d’avoir peur. J’étais assise au bord de la fenêtre de la bibliothèque de l’étage, profitant de l’air frais qui s’engouffrait dans la pièce, observant l’horizon et son épaisse couche de brume. Un spectacle habituel mais dont je ne me lasserai jamais. Tout semblait endormi. Tout semblait pur et éternel. Je ne sais pas si l’éternité me dérange ou me conforte, à vrai dire, mais ici, dans ce cocon que rien ne semble affecter, je me sens en sécurité. Même si… Même si le pire des poisons est là, tout près, au bout de mes doigts, et que je plais à le frôler sans jamais me risquer à en faire plus.

Les jambes dans le vide, assise sur le rebord humide et solide de la fenêtre, je m’appliquai à essayer de mémoriser chaque aspect de cet endroit. J’essayai de percevoir au plus loin que j’en avais la capacité. Jusqu’à la prochaine maison. Mais il n’y avait que nous. Et même si ça pouvait paraître étrange, je trouvais apaisante l’idée de ne pas être dérangée par quiconque. Même si, de là où nous étions, personne ne pouvait nous entendre appeler à l’aide. Il me semblait que Nathaniel dormait, toute la maison était prise dans un état de léthargie, comme son environnement, après tout, mais il était possible que je me trompe. Il était possible que non, il soit plongé dans ses notes, sur le canapé du salon, ou en train de manger quelque chose dans la cuisine. Je ne passais pas mon temps à le surveiller. Enfin. Si. Souvent. Je l’admirais, de loin, en silence, avec un air détaché et reculé, pour évaluer les avancements de son amnésie « spontanée ».

Au fond, je m’en voulais. Et voilà ce qui m’effrayait. J’aurais pu laisser tomber les murs dans lesquels j’avais enfermé sa vie et lui redonner tout, mais j’avais peur qu’il me laisse. Après tout, jamais il ne serait resté, à part maintenant, là, c’était le seul endroit où il avait quelque chose de solide, quelque chose auquel se raccrocher en toutes circonstances, et c’était aussi pour ça que je restais sûre qu’à chacune de ses balades, il finirait par revenir. C’était triste, mais c’était ainsi, j’étais heureuse et satisfaite de mon crime. Et la culpabilité semblait bien terne et lointaine à côté du reste.
Un peu lasse d’avoir passé ma journée à lire, j’attrapais la guitare à côté de moi et la réaccordais rapidement avant de soupirer faiblement et de gratter quelques notes. J’avais reprit la musique depuis très peu de temps, en secret, mais depuis ma reprise, pas une fois je n’avais chanté. J’avais sans doute peur du résultat, ou quelque chose dans ce genre. Seulement, je fermai les yeux et inspirait profondément avant de murmurer quelques mots, puis quelques phrases, puis une mélodie, associée aux notes qui s’échappaient de l’instrument… Ça commençait par : « She'll lie and steal and cheat, and beg you from her knees… »

Je ne m’en rendis pas tout de suite compte mais je reprenais doucement confiance en moi, en la mélodie, en la musique. Vous savez, ce genre de confiance qui ne devrait jamais vous quitter lorsque vous y croyez. Vous savez, le genre de confiance que vous avez lorsque vous faites un vœu. Une confiance aveugle et pas tournée vers quelqu’un ou quelque chose en particulier. C’est peut-être ça, la foi, dont beaucoup parle. Je ne sais pas, je ne pensais pas l’avoir ressenti une seule fois de mon existence. Alors que peut-être, peut-être que cette chanson était une prière. Même si je n’avais pas une entière compréhension de pourquoi les choses changeaient soudainement, je voyais son regard, plus appuyé, plus suspicieux aussi, peut-être, ou était-ce dans ma tête ? Les secrets sont lourds à cacher parfois…


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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Lun 28 Oct - 11:02

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
Stubborn love

Le monde est un tissue de mensonges. Quelque part au fond de nous, nous devons savoir que même la vérité est un mensonge. La vérité, c’est nous qui la créons, nous qui lui donnons une contenance, une fin, une direction. Mais parfois, on aimerait savoir quelle fut cette vérité que nous avons brodée autrefois. Nous aimerions nous réveiller et nous rappeler pourquoi les gens nous aimaient ou nous craignaient.

Au fond de moi, je pense que le doute n’existe pas. J’étais de ceux que les gens ne fréquentaient pas. J’étais un Dieu mal aimé et craint. J’étais certainement respecté, enfin je l’espère parce que je ne peux m’imaginer comme quelqu’un de bafoué. Mais pourtant, aujourd’hui, force m’est de constater que je suis seul. Pas un seul d’entre eux n’est venu me dire qui j’étais. Oh comme j’ai dû être haï pour que l’on me laisse ainsi à mon « triste » sort.

Je me lève, le sommeil ne vient pas à moi. Cela fait plusieurs nuits que j’écoute le silence au lieu de me plonger dans mes rêves. Je ne rêve de rien de toute façon. Les rêves faits dans cette maison ne me ramènent jamais au passé. Et je trouve cela étrange d’ailleurs. N’est-ce pas pendant que j’accède à mon subconscient que la mémoire devrait me revenir ? En tout cas, il n’en est jamais ainsi. Je soupire et regarde par la fenêtre. Il ne pleut plus. Pourtant j’aimais regarder les gouttelettes perler sur la vitre. Il m’a même semblé que par un phénomène étrange j’arrive à les empêcher de ruisseler. Parfois même, certaines semblaient se figer tellement qu’elles se transformaient en petites floches de gel. J’entrouvre la fenêtre afin d’écouter le vent. Raté. Elle vient d’entamer un morceau avec ce morceau de bois qui lui sert de guitare. Je descends à pas de loups les escaliers afin d’écouter ce qu’elle va jouer.

On ne se parle que rarement. Pourtant j’ai le sentiment qu’il y a un lien entre nous, que nous communiquons au-delà des mots que nous ne nous disons pas.  Aphrodite… pour la déesse qu’elle est, je trouve sa vie bien sinistre. La solitude la guète autant que moi. Je m’arrête au bas des escaliers et je la contemple. Elle ne porte pas pour rien le nom de la déesse de la beauté. Ses cheveux noirs lui descendent sur les épaules et partiellement j’entrevois ses prunelles vertes. Entre deux notes, ses lèvres remuent et de sa bouche s’échappe un son étrange : elle chante. Je n’ai pas mémoire de l’avoir entendu chanter auparavant. Peut-être dans une autre vie, une dont je ne me souviens pas… Les paroles me heurtent. Qui est cette « she » dont elle parle ? Est-ce elle ? A qui ment-elle ? Bien qu’elle soit un de mes seuls contacts sur le monde, je n’ai jamais réussi à me convaincre que je pouvais lui faire confiance. Une part de moi, une part profonde et bien ancrée, me dicte de me méfier. Et mon regard froid et distant rencontre le sien. Elle ne chante plus. Nous nous regardons sans rien dire et j’avance alors dans la pièce. J’ai soudain conscience de ma propre présence dans cette pièce.  Je suis là, j’existe. Je me vois comme de l’extérieur : brun, ténébreux et terriblement froid. En m’asseyant majestueusement sur un divan, je la regarde sans ciller. J’ai presque l’impression que je cherche à violer son âme en la regardant ainsi. Voyant qu’elle ne reprend pas, je l’invite à continuer : « Vas-y… Dis nous ce que ton étrange inconnue va supplier… »
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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Lun 28 Oct - 13:10



there is no fear, now



Unconditionnaly || Katy Perry


Le silence, à nouveau, et ce frisson glacial qui parcourt mon échine comme la pire des malédictions… Et je sais de quoi je parle, des malédictions, j’en ai lancé. Peut-être qu’il n’est qu’une victime de plus. Sans doute. Mais j’ai l’impression qu’il est plus que cela, qu’il est plus qu’une pièce de collection exposé à mes yeux seuls, qu’il est plus qu’une victime, qu’il est plus que tout cela. Probablement parce que je n’admettrais jamais que tout cela puisse venir de moi. Parce que, pour moi, il savait à quoi il se frottait, il savait ce qu’il ne fallait pas faire, alors il est allé au-delà des règles, et j’ai fait de même, par sa faute. Sa présence ce soir me laissait légèrement sceptique. Je n’avais pas envie qu’il soit là. Surtout maintenant que j’arrivais un peu à m’en sortir, pour qu’il enfonce le couteau dans la plaie. Voilà. Nathaniel me faisait saigner, et je pense qu’il aimait ça. Je ne pense pas qu’il en ait eut totalement conscience, étant donné que je cachais tout ce que je ressentais avec une certaine habileté. Ça devait être un don chez moi, celui du mensonge et de l’omission, vous croyez qu’une gentille petite fée m’avait refilé cela aussi ? Sérieusement, si un jour je les trouvais, je leur casserai la gueule. Peut-être qu’au fond, le destin savait. Il savait ce que je ferais et que ce serait également ma prison. Imaginez, vivre constamment avec celui qui vous a détruit, sans sortir, vous n’y voyez pas d’intérêt. C’est comme consommer un délicieux poison dont on ne se lasse pas. On sait que ça nous tue, mais ça nous est égal, même si ça fait mal. C’était cela, exactement cela.

Je ne préférai pas continuer sur la suite de la chanson, je savais que ses semblants de soupçons grandiraient encore. Et si un jour il découvrait la supercherie, est-ce que je recommencerais, simplement ? Je n’étais pas sûre de pouvoir vivre avec cela une deuxième fois, mais qu’importe. Je me contentais d’un regard appuyé sur sa personne, resserrant la guitare entre mes doigts. Ce n’est pas lui qui me fera perdre tous mes moyens, pas quand je me contrôle autant que cette nuit-là. « It's better to feel pain, than nothing at all... » J’avais murmuré, sur le ton de la chanson, sur son rythme en tout cas, en grattant quelques notes avant de reposer calmement la guitare sur le sol et expirer légèrement. Ce n’était pas un vrai soupir, ou peut-être bien que si. « Je suis navrée si je t’ai réveillé. » Ok, ça n’avait absolument rien de sincère étant donné que par sa faute je ne fermais plus l’œil depuis qu’il m’avait trouvée, mais bon, une marque de politesse, dans une cohabitation, il paraît que ça ne fait pas de mal.

Je lui jetais un nouveau regard avant de sourire légèrement, une seconde, imperceptiblement, et là, c’était un vrai sourire, alors je tournais la tête vers l’extérieur, autour du lac qui se trouvait le plus près de la maison, on pouvait discerner des lucioles. Quand on se trouvait là-bas, elles se mêlaient aux étoiles et tourbillonnaient autour de nous dans le plus grand des silences, c’était magique. C’est aussi pour cela que j’aimais cet endroit, pour son silence. Vous savez, on ne communiquait pas beaucoup, chaque mot était quasiment calculé pour ne pas faire un pas de trop. Et voilà que je fredonnais encore la mélodie. Et en rapport avec ce que j’avais chanté… Je commençais à me demander s’il ne m’avait pas rendue sérieusement masochiste, parce que de la douleur, c’était ce que j’étais en train de m’infliger. Là, maintenant, et tous les autres moments.

Ah, il m’avait fait perdre le semblant de confiance que j’avais regagné en rappliquant aussi vite, j’étais là, à sentir le bois de la guitare au bois de mes doigts et à fixer le piano du jardin avec une légère grimace. Bon, je pouvais au moins me remettre à la peinture et au dessin ? Je ne faisais de mal à personne avec ça. Ou peut-être à l’écriture, mais il y a des pensées qu’il ne vaut mieux pas écrire il me semble. Et si je me lançais dans un journal intime, avec la chance que j’aie, il allait forcément tomber dessus. Alors je serais obligée de l’écrire en pensant à cette éventualité et du coup ce ne serait pas sincère. Dur, dur, hein ? « When we were young, oh oh, we did enough, when it got cold, ooh ooh, we bundled up. I can't be told, ah it can't be done… » C’était bizarre comme cette chanson avait décidé de me rester dans la tête. Et je me contentais d’un hochement négatif de la tête  avant de lui lancer un regard vaguement désolé. « C’est seulement une chanson, j’ignore ce qu’elle supplié. » Oh si, je le savais, je me souvenais, contrairement à lui. J’inspirai légèrement avant de sourire à nouveau, avec plus de sincérité, mais pas à son égard. « En pensant au reste de la chanson, sans doute des choses qu’il ne pouvait ou ne voulait pas lui donner. » Je hochai gravement la tête avant de sauter du rebord de la fenêtre, du côté pièce, évidemment, attrapant un bouquin qui traînait sur un meuble pour le ranger dans la bibliothèque, à côté d’un collier qui était soigneusement rangé sous verre, sans doute maudit. J’avais le chic pour dénicher les objets qui pourraient toujours servir plus tard. « A moins qu’elle n’ait cherché à s’excuser et qu’il n’ait pas voulu l’écouter. » Ces mots avaient été prononcés sur un ton sérieux, un ton d’analyse. Mais tout cela, n’était-ce pas plus sage de le garder pour moi ? A moins que je joue bien mes cartes pour le persuadé que je jouais franc jeu avec lui.

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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mar 29 Oct - 14:23

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
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Il existe deux sortes de personnes. Celles qui subissent la vie et celles qui la vivent, ou plutôt ceux qui la font subir aux autres. Delilah était de celles qui me faisaient subir ma vie. Mon enfer. Comme s'il ne suffisait pas que ma mémoire soit endormie, le reflet des yeux de la belle Aphrodite me rappelait sans cesse que elle... elle devait savoir qui j'étais. J'avais essayé plus d'une fois, discrètement, de lui soutirer l'information mais elle avait éludé. Elle n'était pas désireuse de me renseigner. Et je n'étais pas désireux de lui donner l'opportunité de m'humilier encore une fois en lui offrant l'opportunité de me refuser une réponse claire. Elle ne savait pas. De la même manière je ne savais pas ce que je lui trouvais. Pourquoi, dites-moi pourquoi, restais-je auprès d'un bourreau si peu communicatif? Plus d'une fois l'idée de partir m'a traversé l'esprit. Je pourrais courir, me transformer une fois pour toutes et me cacher de la civilisation jusqu'à ce que je recouvre ma mémoire. Et si cela n'arrivait jamais, rester en exil et ne plus voir ces regards dénués de pitié se poser sur moi. Non pas que je cherche leur pitié ou compassion. Mais leur indifférence affectée m'exaspère.

Elle ose me dire qu'elle est navrée de m'avoir réveillé. Je relève mon regard et le pose sur elle à nouveau. J'avais commencé à fixer le sol afin d'écouter plus attentivement ce qu'elle fredonnait. La regarder avait un effet déroutant, il m'enlevait la patience d'attendre que les prochaines paroles s'envolent. Je l'ai regardée froidement et ai répondu placidement: "Je ne dormais pas." Je doute que ça l'intéresse réellement, sa phrase n'était là que pour cacher une gêne sans raison. Nous vivons dans la même maison, il est évident que nous nous encombrons l'un l'autre de faits qui nous dérangent. Mais la musique n'en faisait pas partie, loin de là. Elle alimentait une soif que je n'avais pas remarquée jusqu'alors. Les notes semblaient faites pour répondre aux questions d'un coeur malheureux. Mes yeux se reportèrent sur le sol lorsqu'elle daigna enfin reprendre son couplet. Mais les paroles me frappèrent de plein fouet.

Elle parle de jeunesse et de froideur. Bizarrement je me retrouve partout dans ses paroles. Et la vérité me heurte alors, je m'y retrouve parce que c'est ce qui me convient. J'ai envie de m'imaginer que Del' et moi nous nous sommes connus lorsque nous étions jeunes. J'ai envie de croire à un passé où j'en savais autant qu'elle, voire plus. Un passé où nous étions froids, où je l'étais du moins. Un passé où c'était moi qui dominait la situation, où j'étais maître et non plus esclave. Elle s'interrompt de nouveau et je me demande si c'est moi qui la perturbe. Désirant jouer sur cette possibilité, je la fixe et elle me lâche qu'il ne s'agit que d'une chanson. Arrogamment: "Vraiment?" C'est sec, court, et très distant. Mais pompeux à mort. Je n'ai peut-être pas de souvenir de ce qui nous unissait (parce que je suis convaincu qu'elle ne m'héberge pas par charité, il devait y avoir un lien entre nous) mais je suis conscient d'exister là maintenant, d'avoir une existence et d'être capable de lui plomber son présent de la même manière qu'elle m'empêche de revivre mon passé en me refusant toute information utile. Elle répond de manière évasive, comme à son habitude et je souris. "Qu'il ne pouvait ou voulait lui donner, dis-tu?" Je continue méchamment: "C'est qu'il est assez intelligent ce garçon. Il a compris qu'il valait mieux de se méfier de l'espèce féminine. A mon avis, il ne veut pas lui donner. Elle ne les mérite pas. Ca rend les choses plus intéressantes ainsi." Je ne souris pas. Je lui passe des messages que je ne contrôle pas, je ne sais même pas exactement ce que je cherche à dire. Oui je lui en veux à elle, elle la chanteuse et elle la protagoniste de ses chansons. Pourquoi? Parce que c'est bien plus facile ainsi j'imagine, sinon je ne me l'explique pas. Elle me répond et me parle d'excuses non acceptées, non entendues peut-être. Je ne prends pas le temps d'analyser ce qu'elle peut vouloir dire par là: "Parfois il vaut mieux ne pas s'excuser. Quand ce qu'on a fait est atroce, il est préférable de l'assumer et de ne pas imposer à l'autre le poids d'une demande de pardon." C'est la seule manière selon moi de s'absoudre, prendre la faute sur nous et ne pas la reconnaître afin d'autoriser l'autre à nous haïr sans jamais lui imposer la culpabilité de ne pas pouvoir nous pardonner. J'ai l'impression d'avoir mûri cette réflexion pendant des siècles et j'ai le sentiment que quelque part en moi cela se réveille mais cette révélation sur moi se tait tout aussi tôt.  Il y a une vague de flou qui m'entoure et qui brouille mon esprit.

Je me lève et vais me servir un verre de scotch. Mon doigt tourne autour du récipient et je vois le liquide valser d'un côté à l'autre tandis que je penche le verre. La couleur de bronze m'est familière et agréable. Elle épongera mon mal et m'empêchera de me poser trop de questions. Je me retourne vers Delilah: "Tu veux quelque chose?" Je parlais d'une boisson mais je réalise que ma question est bien plus profonde, je me répète sans me contrôler: "Oui. Que veux-tu Delilah?"
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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mar 29 Oct - 16:27



lost in the echo



Lost in the echo || Linkin Park


C’était justement dans ces moments-là où il cherchait à briser mes défenses qu’elles se solidifiaient et qu’il n’avait plus le droit qu’à un regard neutre et un vague haussement de sourcil. Il avait cette façon de faire ressortir le pire de mon être, j’ignorais comment il se débrouillait, mais c’est ce qui arrivait. Peut-être que ce genre de situation aurait pu être inversées, mais ça me paraissait fort peu probable. Sa question me laissa perplexe quelques secondes avant que je finisse par sourire en observant la bouteille entre ses doigts. Il était si naïf, si attachant parfois, on aurait dit un gamin qui essayait désespérément de taper un ennemi invisible. « Hé bien, si on considère que tu es venu me trouver pour dérober ma réserve de Whisky, un verre, j’imagine. » Et voilà. Ainsi va la conversation : droit dans le mur. Je préférai m’amuser de son comportement plutôt que de montrer de nouveaux signes de faiblesses. Je voulais qu’il ressente ce que j’ai ressentis, cette sensation lorsqu’on perd pied et qu’on se rend doucement compte que soudainement, on a plus rien, on n’est plus rien. Voilà Nathaniel, maintenant que les rôles étaient inversés, essaye un peu de voler, mais tu vas te brûler.

Je passais le bout de mes doigts sur un grand éventail en plumes de paon, le paon d’Héra, un jour où elle avait fini par taper vraiment sur le système de Zeus, et j’en chassais la poussière qui s’obstinait à y élire domicile. Visiblement, l’image qu’il avait des femmes n’avait pas changé au fil des années, et au fil de son amnésie, et pourtant, il me semblait avoir été toujours là pour lui, peu importait bien la vie dans laquelle nous évoluions. Plus sérieusement, au fil du temps, les femmes n’avaient jamais cessé de l’admirer, bon, il était possible que certaines d’entre elles aient fini par disparaître étrangement, mais voilà encore une autre histoire… Pourquoi fallait-il que le grand Arès ne passe son temps qu’à penser à sa petite personne ? Parfois je me demandais si l’univers entier ne l’avait pas un peu confondu avec Narcisse, et puis je croisais Narcisse au village et j’étais bien forcée de me faire à l’idée qu’il n’habitait pas sous mon toit.

Peut-être qu’à défaut de pouvoir chercher mes souvenirs, je vivais aussi ma vie dans le passé et que j’étais incapable de le pardonner pour ce qu’il m’avait fait. Peut-être aussi n’y arrivais-je pas simplement parce que je savais que même si toute fois un jour j’arrivais à passer l’éponge, lui m’en voudrait toujours de l’avoir privé de sa vie. Vous savez, parfois, j’ai pensé à tenter de tout lui dire, évaluer sa réaction, puis tout effacer encore. Mais je n’ai jamais fait. Parce que j’aime aussi le voir se démener à gagner cette guerre qu’il mène contre lui-même. Un jour il apprendra qu’on ne gagne pas à tous les jeux. Note pour l’avenir ; ne jamais mener une guerre de l’amour entre la guerre et l’amour. Sérieusement.

Je l’observe du coin des yeux, j’aimerai pouvoir lire dans sa tête, comme dans un livre ouvert, il n’a toujours été qu’un mystère pour moi, et c’est là tout le prix du challenge. Comprendre l’incompréhensible. J’imagine que Nathaniel est comme un nouveau dialecte, il suffit d’être attentif et de prendre le temps de noter les détails. Je ne peux plus fermer les yeux depuis qu’il est dans les parages, pas depuis qu’il m’a réveillée, la première fois. J’ignore si j’ai l’air fatiguée, je pense que ça me mettrait un coup au moral, après tout, j’ai une réputation à tenir, on ne trouve pas un titre de déesse de la beauté dans un paquet de kinder surprise.  « Tu as encore des migraines ? » C’est prononcé de façon détachée, ma bouche y a réfléchit bien avant que mon cerveau suive à priori. Je n’aime pas ces moments où mon inconscient s’exprime sans mon autorisation, sincèrement, ça m’agace tellement. A vrai dire, je n’ai jamais eu de mal à décrypter les autres, il paraît que c’est un don, comprendre les émotions des autres. Mais ça ne fonctionne pas avec Nate. Ça n’a jamais fonctionné. Néanmoins, je suis son hôte et je me dois de rester une hôte relativement respectable, d’un autre côté, je suis navrée pour lui que personne ne cherche à l’aider. Je suis maîtresse de son secret, je pense qu’il n’a pas eu de mal à le comprendre. La version officielle est toujours la même, il ne s’obstine même plus à demander, je l’ai trouvé près de chez moi un matin, inconscient, et je l’ai ramené pour le soigner. Oh quel gros mensonge, Delilah… Je pense que je suis un peu mythomane sur les bords. « Parce que si c’est encore le cas, et que tu cesses d’essayer de m’agresser avec ce ton, j’ai peut-être une solution temporaire, une solution plus efficace et plus saine que l’alcool. »


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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mer 30 Oct - 12:41

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
Stubborn love


Elle se moque de moi, elle me toise, me défie constamment. Je pourrais dire que cela m'agace, et c'est vrai: ça m'agace! Mais ce n'est pas exactement le sentiment qui prédomine. Je me demande surtout ce qui se cache derrière ce jeu, derrière ce regard mystérieux. Lorsque je suis mélancolique, elle semble descendre de ses grands chevaux et baisser ses gardes. Lorsque je suis agressif, elle devient soudainement plus indifférente, comme si mon comportement la réconfortait dans une quelconque décision de me détester. Elle m'a trouvée devant chez elle, voilà la moquerie extrême. Ce que j'en pense? C'est que je devais être un piètre Dieu que pour penser pouvoir trouver un refuge apaisant chez la déesse du trouble amoureux. Elle éveille en moi toutes sortes de désirs, d'envies imprononçables, inavouables. Je la haï autant que je la vénère. Mais je ne m'autoriserai jamais à lui faire pareille confidence, elle ne mérite pas ce genre d'aveu. Elle m'a déclaré la guerre à moi. Moi, qui que je sois, moi qui suis certainement un preux chevalier de par les bribes de souvenirs que j'ai eu il y a quelques mois. "Un Whisky pour Madame alors." J'insiste sur le Madame. Après tout, nous sommes chez elle et elle ne se gêne jamais de me le rappeler. Je ne suis qu'un hôte à qui elle fait charité. Comme si je pouvais croire qu'une mangeuse d'hommes telle qu'elle puisse accepter de faire la charité. Aphrodite n'avait pas une réputation de dame aux valeurs et vertus divines que je sache. Mais tant que je ne peux savoir ce qu'elle cache, je ne peux plus l'affubler sans preuve.

Des migraines? J'ai eu des migraines? Parle-t-elle du passé ou du présent? Est-ce là une information sur moi qu'elle me délivre maintenant? J'en doute. Elle doit faire référence à mes dernières insomnies. J'ai dit il y a quelques semaines que je ne dormais pas en raisons de maux de tête. Elle en a probablement conclu que j'avais des migraines. Il n'en est rien. Je suis juste perturbé par ce semblant de vie que je mène, par ce rien que j'ai dans mon cerveau à la place de ma mémoire et par l'incompréhension face à tout cela. Perdu dans l'écho de mes pensées, voilà où j'en suis. Et cet écho fait très mal parfois. Mal au point de me tenir éveillé. Mais cette douleur n'est que morale et non physique. Comment lui expliquer? A-t-elle jamais souffert? Elle qui est connue pour la mort de l'âme de milliers d'amants différents. "Oui des migraines. Mais ça va un peu mieux, merci." Je me renfrogne. Sa question je ne la comprends pas et je ne sais pas quoi y répondre. Je suis très frustré et je me fiche qu'elle prenne mon ton monocorde pour de l'impolitesse, tant pis. "En fait j'en sais rien. Là, je suis un peu à vide." Elle s'en fiche à tous les coups mais voilà qu'elle me répond qu'elle peut m'ôter mes souffrances de manière plus efficace qu'avec un verre d'alcool. Elle réveille ma curiosité et ... ma méfiance. Je ne vois qu'une façon de relâcher la tension qui me tient et je sais que ça serait efficace. Mais avec la déesse de l'amour je ne me verrais pas vraiment franchir pareil pas. J'ai beau ne pas me souvenir de mon passé, j'ai la conviction que j'ai aimé la vie et le sex. Mais m'adonner à pareil plaisir avec une femme capable de m'ôter le peu d'esprit qu'il me reste me semble dangereux. Mais en même temps qu'est-ce que je risque? Et puis elle n'a pas encore énoncé sa suggestion. J'hésite à lui demander des précisions, de peur uniquement d'avoir vu juste et de me laisser pervertir par un manque qui ôte le jugeote à bien des hommes. Demandons, ça ne nous coûte rien: "Que proposes-tu?"
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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Lun 4 Nov - 18:18



never too late



Last dream || Immediate Music


Vous savez, lorsque j’étais adolescente, j’ai grandis dans la plus grande chasteté. Dans un silence étrange, là où personne n’ose te regarder dans les yeux parce qu’ils ont peur que tu les foudroies. Et tu ne comprends pas pourquoi. Mais j’imagine qu’être vu en tant que divinité, c’est ce que ça implique. Beaucoup de mal, un peu de bien, un peu de tout… J’ai la conviction que ma vie aurait été bien différente si je n’avais jamais échappé des fleurs de mes mains alors que je n’étais pas plus haute que trois pommes. C’est bien après que ça a commencé à se dégrader, quand les garçons, et les filles, ont commencé à me plaire. Quand le plaisir du corps a doucement éveillé celui du cœur. Ils me le disaient, tous autant qu’ils étaient « tu joues à un jeu dangereux Evannah, tu finiras par te brûler… » Et j’ai rencontré Arès. Vous connaissez la suite. Je ne juge pas nécessaire de ramener cela sur le tapis une énième fois.

Je connais son regard, il n’est pas si différent de celui des autres hommes qui m’ont observé par-delà les décennies, les siècles, les millénaires. Ceux qui m’ont frôlée, ceux qui m’ont appartenu en songeant que j’étais leur. Mais je ne suis pas femme à attaches, et tous le savent. Ce regard je m’en suis longtemps amusée, avant que les temps changent, à nouveau, ils ne font que ça, après tout. Peu après que je décide de me replier sur moi-même, pour prendre un peu de temps pour réfléchir, ils ont afflués, ces prétendants autrefois amants d’une nuit. Mais ils me dégoutaient. Je n’étais qu’un objet, et maintenant je me pose la question, entre Nathaniel et moi, qui est la pièce de collection que je garde précieusement aussi ? J’ai toujours refusé d’être la potiche de service qu’on sort de temps en temps pour s’en vanter et qui ne réfléchit pas. J’aime réfléchir, lire, me poser des questions, être une artiste, être une incomprise, la solitude, aussi… Je crois. Je l’aimais, durant si longtemps, cette fabuleuse solitude protectrice. Avant qu’il ne débarque à nouveau, pour plus longtemps qu’il n’aurait pu l’espérer.

Je m’approchai de l’homme pour attraper les deux verres entre ses mains et les poser sur le guéridon, suite à quoi je le pousse vers le sofa, mains sur ses épaules. Ça ressemble à une danse, lascive, mais il n’en est rien, il l’apprendra bien vite. Oui, quand on joue à ce jeu, on se brûle, mais toi et moi, on est immunisés, non ? Une fois assis, je m’installe à côté de lui et tire un petit sachet brun soigneusement noué d’un tiroir tout près. « Il paraît que ces herbes guérissent à peu près tous les maux mineurs. » C’est dit avec un ton sûr, mais surtout étrangement détaché, d’autant plus que ce ton détone face au frôlement de nos peaux lorsque je pose le sachet dans sa paume. « Je ne puis t’assurer la véracité des dires de celui qui m’en a fait cadeau, mais la douce odeur qui s’en dégage me laisse à penser que c’est la vérité. » He oui, de simples herbes, pas une revue du kamasutra, non, une simple infusion.

Un long silence s’installe, à nouveau. Je suis pensive. Perdues dans ces souvenirs que je me remémore en boucle, depuis trop longtemps déjà. A tes lèvres, je me serais bien consumée… Je secouai la tête doucement avant de reposer mon regard sur lui pour finir par esquisser un semblant de sourire, je n’étais pas si agréable à l’habitude, surtout en le sachant aussi incisif en retour. Et plus bas, je lâche : « Ce n’est parce que j’en suis la déesse que je suis une femme facile. » Il devrait le savoir, il me supporte chaque jour depuis trop longtemps déjà. M’a-t-il déjà croisée avec un amant ? Hé non. S’il savait ce qui se trame à l’intérieur de mon être, pas sûr qu’il se risquerait à rester si près…


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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mer 6 Nov - 12:27

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
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Elle me prend son verre et des mains et j'avoue que cela m'étonne. Il y a quelques minutes je traînais tranquillement devant ma fenêtre, bien loin d'imaginer que je me retrouverais si vite auprès d'une tentatrice telle que mon hôtesse. Et me voilà maintenant à regarder ce verre d'alcool et à le désirer plus que je n'ai désiré le corps des femmes jusqu'à présent. Le désirer parce que le liquide qui vous brûle la gorge peut, s'il est ingurgité dans des quantités adéquates, vous faire oublier... oublier que vous avez déjà oublié. Les moments horribles de mon existence, ceux où je décapitais sans culpabilité d'autres êtres me reviennent parfois dans des flashbacks incontrôlés. Et je les ai enfouis quelque part dans cette mémoire inaccessible, cette mémoire qui joue avec moi comme avec une toupie que l'on lance tantôt dans un sens tantôt dans l'autre. C'est peut-être une bénédiction d'avoir oublié qui j'étais. Peut-être pas. Après tout, je n'ai pas perdu que le mauvais, je n'ai plus aucun souvenir du bon non plus. Pour autant que ce bon ait existé évidemment. Il y a quelques mois j'avais fait mon deuil, j'avais décidé de ne plus chercher à savoir qui j'étais et pourquoi j'en étais arrivé là. Mais il y a quelques mois j'ai eu un souvenir, un seul qui a tout remis en question. "Je vois du feu. Du feu dans un âtre qui brûle, du feu qui lancine sans douleur mais avec des étincelles vives. Je vois ce feu et je sais que je suis en train de me confondre avec par je ne sais quel phénomène étrange. Ensuite cette main se pose sur mon épaule, je baisse mon regard pour la regarder et m'aperçois que je suis torse nu et que cette main est désormais dans ma nuque. Elle incline ma tête afin de passer ses longs doigts fougueux à la racine de mes cheveux. Je me vois humer le parfum lancinant qui émane de la créature à laquelle je fais dos. Sa main descend sur mon torse en même temps qu'elle s'accroupit derrière moi. Et ses au moment où ses lèvres s'apprêtent à baiser ma gorge, je pose ma main fermement sur son bras." Je n'ai pas le temps de me souvenir du baiser que le flashback s'est estompé, la divine créature ne s'est pas manifestée à ma mémoire où à mon imaginaire. Je n'ai pas pu sentir son odeur dans ce semblant de retour vers le passé, je me suis juste souvenu que mes narines en avaient frémi.

Je pensais à cela en regardant l'alcool. Cette exquise banquise de suc vénéneux destiné à entraver mon cerveau de marcher. Je la regardais et Del' m'a rappelé à l'ordre. Elle m'arrache les verres, les deux, pas que le sien. Et c'est là que j'ai réalisé que dix minutes auparavant, dans ma chambre, je ne craignais rien. Ce sentiment d'excitation pendant qu'elle me pousse vers le canapé me rend confus. Je déteste être à la merci de sentiments que je ne comprends pas. Elle m'oblige à m'asseoir dans le sofa et contrairement à toute attente, s'y assied auprès de moi. Je m'avoue déçu mais n'en laisse rien paraître. Elle me sort un petit paquet d'herbes et je le regarde dubitatif : "Aha?" Je ne sais pas trop quoi penser. Pourquoi lui ferais-je confiance? Surtout quand elle se protège tant et me prévient qu'elle ne peut rien me garantir?

Je retourne le petit sachet entre mes doigts et le scrute attentivement. Ce ne sont que des herbes après tout mais je n'ai pas envie de risquer quoique ce soit. De quoi je me méfie? Je n'en ai pas la moindre idée mais... je me suis toujours senti en manque de sécurité avec Del' depuis que j'ai atterri amnésique devant chez elle. Elle me surprend en me disant qu'elle n'est pas une femme facile. Je fais volte face, me contorsionne sur le sofa afin de la regarder et la dévisage sans scrupule et surtout incrédule. "Une femme facile? Tu crois que c'est ce que je pense de toi? Une femme facile?" J'inspire bruyamment et presque agacé. Je remarque que les petites herbes se sont écrasées sous ma paume rageuse. Je ramène mon regard vers elle: "Tu es tout sauf une femme facile Delilah. Tu es même une femme très compliquée et très difficile." Là où la contredire devrait sembler être un compliment, mon ton montre clairement que ce n'en est pas un. Elle est effectivement difficile et c'est quelque chose que je n'aime pas. Elle me domine par moments et mon égo déteste cela. Et cette manière de se poser en victime alors qu'elle est tout sauf cela me fait confirmer d'autant plus qu'elle est très complexe. Je me lève de sur ce sofa et m'avance vers le bar afin de me resservir avant de réaliser que le verre que je viens de quitter n'avait pas été bu. J'avale le tout d'une traite et le remplis à nouveau avant de prendre les deux et de venir m'asseoir à nouveau auprès d'elle et de lui tendre son verre. Je fixe ses grands yeux verts et lui demande: "Pourquoi te soucies-tu de ce que je pense après tout? Je ne suis qu'un hôte indésirable dont tu prends soin malgré toi de toute évidence." Je viens d'inverser sa stratégie. Elle cherchait à me pousser à la confidence en s’apitoyant à sa manière sur son sort, je fais de même de manière peu subtile et sans chercher à l'être. Je ne cherche qu'une chose, une réponse. Et les manières directes sont parfois les meilleures il me semble.

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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Ven 15 Nov - 17:15



i’m tired of waiting



Down || Jason Walker


Son regard… J’aurais tant voulu lire dans son regard l’éclat rassurant qu’on trouvait chez les autres. Celui qu’on trouvait à errer dans les bras d’inconnus. Pas d’attaches, pas de souffrances. Cela paraissait si simple, si simple et pourtant… Si Nathaniel aurait dû être encore aujourd’hui un parfait inconnu pour moi, il ne l’était pas. Même s’il était un grand mystère totalement incompréhensible à mes yeux, je n’étais pas capable de me comporter avec lui comme avec n’importe qui d’autre. On dit qu’on peut toujours changer, qu’on peut toujours pardonner, visiblement c’est quelque chose dont je ne suis pas capable. A vrai dire, aujourd’hui, je ne saurais vous dire si je le garde près de moi parce que je ne le pardonne pas et je veux qu’il paye, ou simplement parce que je suis terrifiée à l’idée d’être seule. Même s’il est parfois un danger et que son côté fouine me déplait, il n’en reste pas moi cet homme, celui parmi tous les autres qui a franchi la barrière… Et quoi qu’on en dise, des années après, et surtout, même si j’essaye d’esquiver ce genre de pensées, il reste fondamental à mon existence. C’est sans doute que ce qui est le plus blessant.

Voilà, c’est cette impuissance. Il se méfie bien trop de moi pour se laisser manipuler, et il est hors de mon contrôle, en étant si proche de l’épicentre du problème. Je suis là, à portée de mains, j’ai toutes les réponses, mais je les tais, et au fond, je pense qu’il le sait, mais que la raison pour laquelle il reste est celle qui le pousse à avancer : découvrir la vérité. C’est en tout cas ma théorie. Malgré tout, j’ai un peu de mal à me faire à l’idée que personne n’est jamais venu le chercher, que jamais personne ne s’est posé de questions sur son existence et sa disparition. Personne ne l’aide. Certes il a blessé, il a torturé, il a brisé des cœurs et des os, mais il n’en reste pas moins un immortel au milieu des immortels. Alors pourquoi le rejeter avec autant d’amertume ? Au fond, je suis tout ce qu’il a, si on part du principe qu’il me possède, bien sûr, ce qui n’est pas vraiment le cas. Mais je suis son maléfice et sa porte de sortie.

Peut-être qu’un jour cette malédiction aura le mérite d’avoir fait ressortir un peu de bon en lui. Car je sais qu’il n’est pas sûr de savoir s’il veut vraiment découvrir la vérité, et il a toutes les raisons de douter, de plus, les flashs qui semblent le traverser de temps en temps ne lui laissent pas vraiment d’indices, à part sur l’incroyable violence dont il a dû faire preuve, au fil du temps. Je le sais. Je le connais par cœur sans le connaître. Sa réflexion me fait sourire, un léger sourire, ce sourire mystérieux qui en a charmé beaucoup, alors que mes yeux se tournent vers le courant d’air qui s’infiltre par la fenêtre ouverte, un regard qui n’a rien à voir, un regard peut-être un peu triste, un peu déçu. Je sais qu’il essaye de me faire parler, mais cela me blesse de l’entendre dire qu’il n’est qu’un hôte indésirable.

« Si tu étais aussi indésirable que tu le dis, cela ferait déjà longtemps que je t’aurais jeté dehors. » Je n’aurais pas dû dire cela. Et je le savais, parfaitement. Mais les mots dépassent ma pensée et je me refuse à en dire plus sur la question, je préfère l’éluder, sans lui jeter un regard, étrangement concentrée à fixer la danse des lucioles sûrement dans le jardin, et le scintillement des étoiles. « De plus, si tu veux partir, je ne te retiens pas prisonnier. Tu m’as l’air de te plaindre de ton traitement, mais tu es libre, Nathaniel. » Autrefois, je me souviens, de ces voix chantantes qui m’accompagnaient, sans cesse… Evannah, Evannah ! Arès est en ville, viens voir, le spectacle sera encore plus impressionnant que la dernière fois ! Tu sais, toutes les petites filles rêvent du prince charmant, il se trouve que celui qui m’a trouvée en cachait beaucoup derrière son petit sourire charmeur…


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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Dim 17 Nov - 16:54

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
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Elle ne répond plus rien. Evidemment qu'elle n'est pas une femme facile. Une femme facile m'aurait cédé depuis longtemps. Enfin, je crois. Pendant longtemps je me suis imaginé que j'ai été le dieu de l'amour ou un truc du genre puis je me suis rendu à l'évidence. Le dieu de l'amour est forcément ...aimé. Or moi, je suis seul et donc forcément pas aimé. sinon mes conquêtes viendraient à moi. Puis mes flashs m'indiquent clairement que je ne suis pas quelqu'un qui répandait autour de soi la joie et la bonne humeur au gré de flèches destinées à rendre amoureux ses destinataires. Alors pourquoi crois-je que j'ai été un amant auquel les femmes succombaient? Je n'en sais rien, c'est plus un sentiment, une intuition qu'autre chose. Peut-être étais-je le contraire? un éventreur qui tuait ses proies après leur avoir fait violemment l'amour? Je ne sais pourquoi mais quelque chose dans cette image me semble ... poétique. Et le fait que je trouve une chose aussi abominable comme étant "poétique" me fait très peur. Qui suis-je? La sempiternelle question. Tout le monde se la pose. Mais moi je suis bien plus loin que ces autres, je suis à des lustres d'une réponse. Ou peut-être... peut-être que n'ayant plus de nom, plus de passé, plus de contrainte historique... peut-être que je suis plus près que d'autres à savoir quelle est la nature réelle de mon essence? Pffff, j'essaye de me leurrer. Mais en vain.

Ouais elle m'aurait jeté dehors... tu parles. Elle culpabilise trop que pour faire un truc pareil. Je le sens dans mes tripes que si je suis là c'est parce qu'elle s'en veut. Mais je n'arrive pas à la forcer à me raconter pourquoi. "Tu ne me jettes peut-être pas dehors mais tu ne m'invites pas non plus à rester, c'est presque pareil. C'est même pire selon certains aspects!" Libre. Mon oeil oui! La liberté est un concept surfait et elle le sait très bien. Où est-ce que j'irais dans ce cas hein? Dormir dehors? Je pourrais, je pourrais prendre mes pattes à mon cou et déguerpir. Peut-être que cela m'aiderait à recouvrer la mémoire mais et puis quoi? Non, je ne le peux pas. Je suis à sa merci, et elle le sait. "je ne suis aucunement libre, et tu le sais très bien." Elle regard dehors comme je le faisais il y a quelques instants et je décide qu'effectivement il fait meilleur dehors qu'à l'intérieur. J'étouffe ici. Je jette le petit paquet de plantes sur le canapé et je sors dans le jardin. Je ne sais pas si elle croit que je me barre ou non, ce n'est pas mon intention de le lui faire croire. Mais en franchissant la porte, je réalise qu'elle peut légitimement le penser. Je m'assieds dans le jardin et j'attends. Il me semble l'entendre derrière moi et alors je souffle dans un murmure: "Je me demande si j'ai pu être le dieu des étoiles, pour autant qu'il en existe un. Quand je regarde le ciel, j'ai parfois l'impression d'avoir été à la tête de tout ça il y a très longtemps." Je divague c'est clair, mais ça fait du bien de regarder cette large étendue noire et de parler de ce que l'on ressent.

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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Dim 17 Nov - 17:48



i want him but we're not right



Smother || Daughter


Parfois, j’ai l’impression que notre histoire commence par la fin. Que notre histoire est une course. Qui sera le premier à atteindre son objectif, dis-moi ? Toi la vérité, moi l’isolation, ou du moins le combat contre cette isolation. Elle a du bon, elle me permet de devenir plus forte, de devenir plus à même d’affronter les autres. Oui. Je ne sais pas quel est vraiment le but de mon existence, après tout, cela fait déjà longtemps que j’ai abandonné ma mission de faire ressentir de l’amour aux autres. Mais je me sens si proche de l’univers, je me sens tellement en osmose avec lui. Avec eux tous. Autour. Je le regarde se lever et partir avant de baisser légèrement les yeux. Je sais qu’il ne part pas. Je l’espère, du moins, mais assez fort pour que cela devienne une quasi-certitude. Il ne partira. Pas ce soir en tout cas. Est-ce qu’il pense que je m’en veux, de le garder ici ? Ce n’est pas le cas. Pas tout à fait, non. Je lui en veux encore trop pour m’en vouloir à moi, et finalement, ça a du bon, pour moi, en tout cas. J’attends quelques secondes, avant de me lever et de le suivre. Peut-être veut-il poursuivre la conversation. Il n’est pas du genre à vraiment être explicite, vraiment pas d’ailleurs, mais j’ai l’habitude, je m’y suis faite.

Il souffle. Il soupire. J’ai dû mal à imaginer ce genre de comporter chez lui, parfois il me trouble encore. J’ai l’impression de lui avoir tout retiré, sa force exceptionnelle, sa façon de tenir tête à tout le monde, son côté détestable… Bien que celui-ci laisse des résidus. Parfois il a ce comportement, si attachant. J’ai l’impression d’avoir adopté un petit animal, pitié, achevez moi. Mais, et si il décidait de rester, au final, même si il savait ? Je ne peux pas prendre le reste, non, je n’ai pas le droit de me mettre autant en danger. Sa phrase me laisse songeuse, il me fait penser à un ami qui me rappelait, sans cesse, quand j’étais trop rêveuse « Tu sais Eve, tout le monde meurt. Même les étoiles. Tout le monde sauf nous. » C’est le genre de réflexion qui me trouble, vous voyez. Le genre de réflexion qui me laisse songeuse et m’embrouille la tête. J’aime passer des heures le nez dans mes bouquins à rêver d’une vie parallèle, d’un autre univers, mais finalement… Vivre ma vie a toujours été la chose la plus difficile pour moi.

« Je suis navrée de ne pas pouvoir t’aider d’avantage… » Je me suis approchée et j’ai posé mes mains sur ses épaules, sans aucun signe agressif. Et j’aurais eu du mal à imaginer que je puisse lui dire quelque chose avec un ton aussi sincère, un jour dans mon existence. J’aimerai l’aider, au fond de moi, mais je me dois de ne pas le faire, et ça me bloque. Comme si, en le maudissant, je m’étais maudit aussi. Je m’étais condamnée à ne jamais révéler notre secret. Il va probablement me fuir, il va probablement me repousser, mais au fond, son contact étrange me manque, je serais bien hypocrite de maintenir le contraire. Seulement je préfère reculer, quittant sa peau, c’est plus raisonnable. Mon moi maudit me hurle d’arrêter de jouer à ce jeu. Car à trop jouer, on finit toujours par se brûler, et c’est bien la dernière chose dont j’ai envie. Je relève les yeux, observant le ciel quelques instants. Je ne suis pas sûre de comprendre l’émotion qui le transperce à cette vue, mais je n’ai pas le droit de parler, je n’ai vraiment pas le droit…

« Tu sais, j’ai vraiment envie que tu restes… » Je l’ai murmuré, et je supplie encore qu’il n’entende pas ce que je viens de dire. Mais c’est plus fort que moi, derrière mon apparence fragile, il y a la manipulatrice, et encore derrière, la jeune femme abandonnée, livrée à son sort. Si je tiens tant à sa présence, c’est sans doute aussi parce qu’il équilibre toutes les forces de mon mental, même si elles passent leur temps à essayer de s’entretuer, j’ignore comment il fait mais j’ai l’impression qu’il les cadre, et ça m’agace, parce que je ne sais pas le faire. Je ne sais pas me contrôler. Je suis guidée par mes pulsions, par l’instinct, même si on dirait que je réfléchis beaucoup, c’est le cas, et même si les décisions sont mûrement réfléchies, elles n’en sont pas moins des décisions instinctives. Et voilà que ma tête me hurle de reculer, reculer encore. Mais le cœur a ses raisons que la raison ignore…


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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Mar 26 Nov - 11:32

Nous sommes nos propres destructeurs. A force de vouloir éviter qui nous étions, nous nous sommes éloignés de la vérité. Jusqu’à la rendre irréelle, jusqu’à en faire des contes de fée. Mais nous avons oubliés qui nous étions et comment nous en étions arrivés là. Qui tu es pour moi ? Mon monde et personne à la fois. La créatrice et la destructrice. Le bien et le mal.
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Elle est sortie derrière moi. C'était à prévoir. Je ne sais si c'est ce que j’espérais mais je suis content de ne pas être seul ici maintenant. Elle se rapproche de moi et je sais qu'elle entend et écoute ce que je dis. Ce ne sont pas forcément des rêveries, ce sont des espoirs. J'aimerais que la mémoire me revienne et que je découvre soudain que je n'étais pas un Dieu impitoyable mais quelqu'un de bien, quelqu'un de beau, d'admiré. Ses mains se posent sur mes épaules et je n'ai pas la force de la repousser. Je ne sais même pas si j'en ai le désir. Ca fait du bien pour une fois de ne pas la sentir se dérober. Ce qui est plus étrange cependant c'est de la croire. Elle aimerait m'aider... Ca n'a pas l'air de pouvoir être vrai. Et pourtant je sens qu'elle est torturée. PEut-être un charme l'empêche-t-il de me dire ce qu'elle sait? Cela me réconforterait de savoir que c'est ça. Ca m'aiderait à la voir différemment. Pourtant je réponds amèrement "Si seulement tu pouvais..." Je ne cherche pas à la culpabiliser mais si ça pouvait avoir cet effet, je le ferais. Je sens toujours ses mains sur mes épaules et sentant qu'elle risque de prendre peur et de partir je cherche à l'en empêcher en posant ma propre main dessus.

Sa confession suivante me trouble. J'ai failli relâcher sa main mais je me suis retenu. Je n'ai pas envie de partir. J'ai comme le sentiment que cette prison étrange me plaît, qu'elle me convient. Et sans savoir ce que je fais je prends sa main entre mes doigts et l'attire toute entière devant moi, afin qu'elle me fasse face. Je tire sans brutalité pour qu'elle s'assoie. Et là, je pose la question qui me taraude depuis qu'elle a lâché cette confidence stupéfiante venant d'elle: "Pourquoi?" Sa main est toujours dans la mienne et je masse sans faire attention ses doigts. Je lève mon regard sur elle. "C'est vrai après tout, je me le demande. Je ne suis pas l'hôte le plus agréable au monde alors pourquoi vouloir que je reste?" En d'autres temps cette question aurait été suspicieuse, je l'aurais posée afin de découvrir des fins secrètes et cachées de manipulatrice. Mais maintenant j'espère entendre tout autre chose... Quelque chose du domaine du personnel. Je me sens parfois si seul que l'idée que je ne déplais pas à tout le monde me réconforte.
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When the past holds us
Just gonna stand there and watch me burn,
Well that's alright because I like the way it hurts,
Just gonna stand there and hear me cry,
Well that's alright because I love the way you lie

© Mzlle Alice
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VILLAINS
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MessageSujet: Re: Stubborn love || Nathaniel & Delilah   Jeu 28 Nov - 21:32



i don’t want to be alone…



Smother || Daughter


Fuis-moi, fuis-moi avant que je ne te blesse encore… J’ignore de quoi je suis capable, et ça me fait peur, d’une certaine façon. Parce que là, à tes côtés, je me sens toute autre. Je ne sais pas si j’ai assez vécu pour te dire ça, mais prends garde, prends garde avant que ça ne me reprenne. Je crois que c’est une malédiction, je crois que c’est ça. Je n’ai pas été maudite à aimer à me détruire, non, on m’a promis je détruirais tout ce que j’aimerai. Et maintenant, si tu n’étais pas là, si je t’avais laissé partir, je serais seule au milieu de ces lacs et de cette plaine sans fin, dans un monde à côté des autres, dans une bulle. Dans un univers parallèle. Dans mon sommeil sans fin. Je ne sais pas si je dois lui dire que j’ai peur d’être seule. Mais il y a autre chose, quelque chose qui j’essaye d’éteindre, quelque chose que j’essaye de taire, quelque chose que je cache, que je me cache, mais c’est là. A portée de main. C’est là et je ne peux rien y faire. Je serais forcée de l’admettre, tôt ou tard. Et il me semble que ce soir, cette nuit, il me met au pied du mur, et je n’ai plus vraiment le choix des armes.

Je relève les yeux, pour l’observer, son contact est étrange. Un peu perturbant. Il me semble faux, irréel. Comme si, une fois de plus, je m’étais simplement perdue dans une de mes rêveries stupides. Mais il faut croire que non. Je n’ai pas l’habitude de le voir aussi proche, même s’il n’en reste pas moins incisif, mais il faut croire que la proximité qu’il est en train d’instaurer doit me mettre en confiance, cette fois je n’ai pas envie de me dérober, je n’ai pas envie de le fuir, non, je crois que je préfèrerai que ce soit lui qui le fasse. Je préférerai qu’il se protège, qu’il ait conscience du danger. Mais que peut-il arriver de pire après avoir juste totalement perdu son identité ? Après tout, il n’est plus qu’un fantôme, il hante sa propre vie, sans but, sans réellement motivation, sans réponses, surtout. Et je crois que je m’en veux, vraiment, de le laisser dans cette situation. Si seulement j’étais capable de lui donner un cap…

Il ne va pas te croire Delilah, il ne va pas te croire, il n’a aucun intérêt à le faire… Je m’en fiche, je préfère être honnête, je préfère tout balancer et qu’il se débrouille avec. A moins que ce soit vraiment pas judicieux… Je ne devrais pas me poser autant de questions, ça ne m’aide vraiment pas… « Parce que je tiens encore à toi. » Grosse bourde. Je sais qu’il étudie tous mes mots. Je sais que ce « encore » en plein milieu de ma phrase ne passera pas inaperçu, alors je préfère le fixer plutôt que de baisser les yeux, je préfère affronter une quelconque réaction la tête haute. Même si j’ai encore du mal à accepter que je puisse avoir balancé une pareille révélation. Moi qui n’arrivais même pas à l’admettre durant ces derniers mois, ces dernières semaines. Mais c’est l’évidence même. Si je ne tenais plus à cette espèce d’idiot, je ne le retiendrais pas autant… Mais au fond, j’ai envie de courir, de m’échapper de cette réalité, oh, si seulement je pouvais tout recommencer depuis le début… Je ferais sans doute les mêmes erreurs, je retomberai sans doute dans ses bras, mais au moins, cette fois, je saurais à quoi m’attendre.


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