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 Abel M. Kincaïd, histoire

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Date d'inscription : 22/10/2013
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Ft : Andrew Bryniarski
Fiches : Fiche de Personnage - http://thecherrytree.forumactif.org/t165-presentation-abel-m-kincaid#1011
Mythe : Tantale
Conte : L'Ogre (Le petit Poucet)
Logement : Une cabane au find fond de la forêt sombre...
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MessageSujet: Abel M. Kincaïd, histoire   Mer 6 Nov - 0:31

Abel M. Kincaïd ❞

Ton Histoire

 
"Sniff..."

J'ai faim. J'ai toujours eu faim. Une faim dévorante, douloureuse,
impérieuse. N'importe quoi, mais beaucoup. Les animaux courrent quand ils me voient. Et je les mange quand je les voit. Il n'y en a plus autour de ma caverne. Je dois partir, suivre l'odeur du sang. Juste des morceaux de viande...

"je connais cette odeur..."

Je les connais, ces animaux là. Ils me ressemblent, mais en plus petit. Ils me rappellent ce que j'était. Mais qu'est-ce que j'était ? Est-ce que je construisait d'aussi jolies choses, en pierre ou en fer ? Je me souviens juste qu'en m'approchant, je les ai senti. Et j'ai eu faim. J'en ai mangé quelques uns. Juste les plus petits. Juste des morceaux de viande...

"ça sent..."

C'est bon. Comme disait Eve, ça craque sous l'adam. Je ne sais plus combien j'en ai mangé. Les femelles sont jolies. Combien j'en ai violé ? Combien de mâles j'ai tué ? Ils se battent déja entre eux. Je me mêlerai bien à eux, ça a l'air marrant. Et quand la poussière retombe, c'est juste des morceaux de viande...

"... ça sent..."

Leurs visages défilent. Heh ! Celui là, il est plus récent que les autres, non ? Oui, je l'ai croisé avec ses amis, ils squattaient ma cabane. Ils rient en me voyant. J'en dénuque un. J'ai faim. Ils ne rient plus. Une fille hurle. Maintenant, c'est moi qui rit. Je me jette sur eux. Je sens leur peur couler le long de leur jambe. J'ai de plus en plus faim. Je vais jouer avec la nourriture cette fois. Il y a de moins en moins de bruit. Juste des morceaux de viande...

"çA SENT LA CHAIR FRAÎCHE !!!"


...

"Crack" fit l'étagère. "Plank" fit la boite à outils en s'écrasant sur un crâne. "Aïe" fit l'unique et donc légitime propriétaire dudit crâne.
Abel émergea d'un sommeil agité, papillonnant des yeux dans le rayon matinal qui perçait à travers les planches barricadant les fenêtres. Il se sentait vaseux, engourdi, et un mal de tête féroce (qui n'avait rien à voir avec l'acier qui lui était tombé sur la tronche) pointait le bout de son nez. Cela ressemblait beaucoup à ce que les humains appelaient "gueule de bois", mais ça n'avait rien à voir avec l'alcool. C'était pire que ça. Ce n'était pas un simple rêve. Se hissant péniblement sur ses pieds, il renifla l'air chargé de son antre et y décela l'odeur qui l'avait accompagné durant son sommeil, et qui correspondait étrangement au goût qu'il avait dans la bouche :
l'odeur du sang, accompagnée d'une subtile pointe de "putréfaction n°5". L'atmosphère en était saturé. Pas étonnant.
Ses vêtements en étaient imbibés, mais pas autant que le plancher qui disparaissait littéralement sous les monceaux d'entrailles et d'os. Des cadavres au ventre ouvert, à la tête écrasée ou aux membres arrachés jonchaient la petite pièce plongée dans la pénombre dont les murs ruisselaient encore de gouttes noirâtres. Abel avança parmi les corps, ne s'arrêtant même pas lorsqu'il sentit un oeil solitaire éclater entre ses orteils nus. Il n'en avait cure. Il avait identifié le dernier visage qui avait troublé sa nuit, attaché sur une large table de bois. Même si la peau en avait été arrachée et gisait dans un coin comme un masque grotesque, ses yeux encore emplis d'une terreur posthume ne laissaient à Abel aucun doute sur son identité. Et le tronçonneuse plantée jusqu'au moteur dans ses viscères, un morceaux d'intestin encore accroché à la chaîne, ne laissait aucunement douter de ce qui lui était arrivé. Ce n'était pas un simple cauchemar.
Le colosse ne fut pas surpris. Il avait déjà vécu ça, savait ce qui allait suivre, et s'y préparait. La vague de douleur et de remords le cloua tout de même au sol quand elle arriva. Il ressentait la peur et la douleur des humains qu'il avait torturé, ainsi que la culpabilité de l'avoir fait et d'y avoir pris du plaisir. Il se roulait dans les abats en pleurant, et aurais vomi si son organisme en avait eu l'habitude. Puis cela cessa aussi vite que c'était venu.
Il se releva, changea de vêtements, puis quitta la masure avant d'y mettre le feu. Encore une fois, sa nature meurtrière avait pris le dessus.
Encore une fois, il en payait le prix.
Encore une fois, il repartait de zéro.
Et encore une fois, il se demandait quel Dieu avait décidé d'accorder cette revanche aux morceaux de viande.

En cheminant vers les effluves salées qui annonçaient la mer, il remontait (lentement mais sûrement) le fil de sa vie. Il avait sûrement été un homme autrefois. Et il avait sûrement dût offenser les Dieux pour qu'ils le maudissent ainsi (Seuls les Dieux affectionnent ce genre de mesquineries). Ils l'avait condamnés à une vie interminable et à une faim éternelle.
La bonne blague, c'est qu'en lui effaçant la mémoire, ils avaient  aussi éteint l'humanité qu'il avait. Il ne pouvait se sentir coupable de ce qu'il faisait, puisqu'ils l'avaient FAIT pour ça. Un requin ne se demande pas si ce qu'il mange avait une vie, une famille, des sentiments (déja parce qu'il est peu probable que la famille d'une otarie viennent demander de ses nouvelles, mais c'est pas la question). Les Dieux avaient déchaînés un fléau sur les mortels, pendant un temps sûrement très long. Et ils s'en sont rendus compte un peu tard, car il avait fait des centaines ou des milliers de victimes à travers les siècles.
Alors encore une fois, ce fichu Dieu l'avait retrouvé, mais encore une fois, il a dût décider de se marrer, par ce qu'il ne l'avait pas tué. Il avait fait pire. Cet immortel de malheur lui avait donné une conscience humaine, et il souffrait chaque fois que la créature qu'il était devenu prenait le pas sur l'humain qu'il devait être.
Cela était arrivé il y a longtemps, alors qu'il s'apprêtait à dévorer des enfants perdus dans la forêt, encore une fois. Pourquoi cette fois là plus que les autres ? Peu lui importait en réalité, mais on se demande toujours "pourquoi maintenant?" quand une merde cosmique nous tombe sur le coin de la gueule, pas vrai ? On essaye d'y trouver un sens... et Abel, malgré des capacités très largement supérieures à celles du grouillot moyen, ne dérogeait pas à cette règle de la psychologie humaine.
Frappé de remords, il avait laisser le plus petit le convaincre de les épargner. Puis il les avait laissé partir. Reconnaissant, le plus petit (il ne se rappelait pas son nom) lui avait même laissé une jolie sculpture, un serpent qui se mangeait lui même. Et ses mots résonnaient encore dans la mémoire d'Abel :
"Même un monstre peut choisir"

Sortant des broussailles qui bordaient le flanc de la montagne, il arriva sur une petite plage caillouteuse. Amarrée au littoral se trouvait une étrange barque, occupée par un étrange homme recouvert d'une encore plus étrange capuche, qui semblait l'y attendre (l'homme, hein, pas la capuche):
-"Ici, ogre, je t'emmène sur l'île des Immortels. Il est prévu que tu y serves de plus grands desseins. Si tu veux retrouver ton passé et construire ton avenir, viens avec moi.
-Alors déja", répondit le mastodonte," qui que tu sois, j'ai horreur qu'on me tutoie. Et ensuite..." Mais il ne finit pas sa phrase. Levant une main droite décharnée, le passeur projeta des images de l'île dans son esprit. Un calme étrange l'envahit. Après tout pourquoi pas ?
C'est ainsi qu'Abel avait embarqué pour l'île. Il n'avait aucun passé, il avait arrêté de lui courir après. Mais désormais il pourrait demander des comptes, mettre les humains à l'abri de son appétit (du moins provisoirement), et peut-être même se venger de ce dieu mesquin. Ou le remercier, il n'avait pas encore décidé. Encore mieux, il serait entouré d'autres immortels. Il n'en avait encore jamais rencontré, d'autres qui partageaient comme lui les tourments d'une vie qui ne finit jamais.
Il se pourrait peut-être même que, après tout pourquoi pas, il était possible qu'avec un peu de chance et si le temps le permet, qu'il lui soit possible d'envisager qu'il puisse éventuellement approcher quelqu'un sans l'effrayer. Il n'osait y croire, mais il l'espérait au fond de lui. Marre de la solitude.
Et puis après tout, selon toute vraisemblance, il avait encore l'éternité pour parvenir à se dompter, et pour trouver la paix à laquelle il aspirait.
Sur cette île, il se jura un nouveau départ.
De nouveaux buts.
Une nouvelle vie.
Son estomac gronda comme le tonnerre.
Et de de nouvelles choses à manger...

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