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 We are our own worst enemy ! [Abel]

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MessageSujet: We are our own worst enemy ! [Abel]   Mer 6 Nov - 22:38


We are our own worst enemy ! ❞

Cela faisait déjà de longues minutes qu’elle tentait en vain de faire pénétrer un peu d’air dans ses poumons, sans succès. C’était comme si l’oxygène, à peine entré dans sa trachée, s’évaporait instantanément. Sa respiration était saccadée et sa poitrine semblait sur le point d’exploser. Elle n’avait été confrontée à cette foule que pendant quelques heures, suffisamment pour que son agoraphobie reprenne le dessus. Légèrement chancelante, elle s’enfonçait dans la forêt profonde. Ce lieu ne l’effrayait pas le moins du monde. Elle aimait venir s’y refugier lorsqu’elle sentait qu’elle perdait le contrôle d’elle-même. C’était toujours ainsi. Les phases d’euphorie intense et de profonde dépression se succédaient, tour à tour, inlassablement. Cette fois-ci, la colère venait lui tenir compagnie, s’immisçant sournoisement, comme un poison dans ses veines, sans motif particulier. La rancœur avait toujours été, et de loin, son amie la plus fidèle. Elle ne lui avait jamais laissé plus de quelques secondes de répit. Quelques secondes pour une éternité… presque rien, en somme. Sa vue devenait de plus en plus trouble. S’appuyant contre les arbres, ne prêtant guère attention aux écorchures causées par l’écorce sur ses doigts, elle ferma les yeux, laissant tous ses autres sens prendre le dessus. C’est alors qu’elle l’entendit. Un simple craquement suffit à trahir sa présence. Elle entrouvrit les paupières.

Le loup avait toujours été sa monture de prédilection. Il s’agissait avant tout d’une bête sauvage, affamé, qui ne se laissait pas approcher facilement. Il fallait gagner sa confiance mais surtout prouver  sa supériorité. Son regard capta les deux yeux couleurs ambre de l’animal. Lentement, elle tira son épée de son fourreau. Alors, la danse commença. Elle n’aimait pas parler de combat. La lutte à laquelle la bête sauvage et elle se livraient avait quelque chose de gracieux et de beaucoup plus subtil. Le loup se défendit vaillamment, à coups de crocs et de grognements sourds. Pourtant, il finit par se soumettre, comme tant d’autres avant lui. Cette image lui arracha un sourire, le premier depuis longtemps. Sans plus attendre, elle chevaucha l’animal, glissant ses doigts dans son pelage sombre. Puis, ne formant plus qu’un, ils s’élancèrent dans l’obscurité grandissante. Chaque fois, ces courses folles lui procuraient un sentiment de bonheur intense. Elle exultait. La vitesse, le danger… Bientôt, elle atteignit l’allure à partir de laquelle l’armure qu’elle cachait sous sa peau répugnante se mettait à scintiller de milles couleurs.

Rien n’aurait pu l’arrêter. Rien excepté peut-être cette odeur qui lui chatouillait les narines. Elle n’était manifestement pas la seule à l’avoir remarqué. Le loup venait d’interrompre sa course pour laisser un long hurlement s’envoler dans les bois, une sorte de cri de ralliement qui resta d’abord sans réponse avant qu’une plainte déchirante ne s’élève parmi les arbres. L’un de ses congénères se trouvait manifestement en grand danger. La bête furieuse n’attendit pas un seul instant avant de se lancer au secours de son homologue, entraînant sa « cavalière » avec lui. L’odeur était de plus en plus forte, presque insoutenable, lui soulevant l’estomac à intervalles réguliers. Avec le temps, elle aurait dû s’y habituer mais elle n’y parvenait toujours pas. Après tout, sa mission consistait seulement à recueillir les âmes guerrières. Elle n’avait encore jamais dévoré ses victimes – bien que certaines de ses sœurs en soient déjà arrivées à de telles extrémités.

Les glapissements étaient tout proches désormais. Enfin, elle vit. Non pas la victime dont la carcasse sanguinolente était cachée par le corps imposant de son bourreau. Non, tout ce qu’elle voyait se résumait à ce mastodonte – et encore, elle n’était pas sûre d’avoir suffisamment de recul pour l’observer dans sa totalité. Le loup qu’elle chevauchait toujours semblait bien décidé à venger son congénère. Cela tombait bien, elle se sentait d’humeur particulièrement belliqueuse ces jours-ci.

-Hé, le bouffi ! Tu ne crois pas qu’il faudrait y aller mollo sur les protéines ? Mange un peu de légumes, c’est bon pour le cœur ! Quoique… En as-tu seulement un ?

Certes, le type en question ne lui avait strictement rien fait – pour l’instant du moins. Mais elle avait grand besoin de défouler sa rage sur quelqu’un et ce colosse semblait être un ennemi à sa taille, enfin ! Ni une ni deux, elle se rua sur lui, brandissant son épée, chevauchant toujours son loup qui faisait claquer ses crocs.
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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Jeu 7 Nov - 1:37



Abel avançait d'un pas lent en direction de cette forêt dont il apercevait déjà les frondaisons, en faisant rouler ses épaules massives et ses bras épais pour les délasser du voyage pénible qu'il venait de subir. Il n'avait pas compté les heures passées sur ce bateau, mais il s'en faisait une idée : beaucoup trop. Il était fourbu, et pire, il commençait à avoir faim. Il s'engagea au pied des arbres, en espérant y trouver l'arôme d'un fruit inconnu qui pourrait satisfaire... bon d'accord, calmer son appétit, au moins pour un temps. De toute ces odeurs, il y en avait bien au moins une qui le conduirait à un repas. Il ne fut pas déçu. Ce fruit qu'il sentait était... au delà du sublime. La cerise, mais magnifiée par quelque procédé qui lui était inconnu. Il suivit la piste, s'enfonçant profondément dans la forêt.
Tout absorbé à suivre la trace de cette mystérieuse fragrance, il ne perçut pas l'odeur du territoire où il venait de s'aventurer. Il n'entendit que le grognement sourd de la bête noire comme la nuit qui se jetait à sa gorge.
Il n'avait jamais vu de loup aussi gros, ni aussi féroce. Mais visiblement, ce sentiment était réciproque. Car aussi gros que fut ce fauve, Abel l'était bien plus encore. L'énorme gueule du loup n'arrivait pas à faire le tour de l'avant bras sur lequel elle s'était refermée, et ses crocs cassèrent contre la peau épaisse. Par réflexe, Abel frappa l'animal au flanc de sa main libre, ce qui l'expédia contre le chêne le plus proche, qui craqua sous l'impact. Le loup s'affala au sol en gémissant, puis émit un hurlement plaintif qui résonna parmi les arbres. Le colosse se pencha sur sa carcasse en soupirant. Il n'avait pas voulu prendre la vie de cet animal, mais ses blessures le condamnaient. Et puisque il avait de la chair fraîche à se mettre sous la dent, autant ne pas gâcher. S'il se retenait de manger, il perdrait peut être son sang-froid à proximité d'un lieu habité. Rendant brièvement hommage à sa proie (une vie pour une vie), il commença à la dévorer à pleines dents, les glapissement faiblissant rapidement dans sa gueule ruisselante de son propre sang.

Elle fut sur lui en un éclair. Il ne l'avait pas entendu arriver, mais elle lui avait hurlé quelque chose. Il avait perdu un seconde de trop à comprendre ses paroles, et elle en avait profité pour lui asséner un violent coup d'épée dans l'épaule. La morsure de l'acier ne lui causa pas grand mal, mais la force du choc le fit chanceler. Abel n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui était arrivé qu'il en recevait un autre à l'arrière du creux poplité, ce qui le fit basculer en arrière étouffant un grognement, et faisant trembler le sol. Par les dieux, elle était rapide. Mais il eu encore une fois le réflexe de tendre les bras devant lui, et intercepta son agresseur à quelques centimètre de son visage, le stoppant net. C'était un autre loup noir !
Mais à la grande surprise d'Abel, il était monté par une minuscule jeune fille, à l'apparence humaine, quoique légèrement difforme. Abel ne voulait pas la tuer, mais il le ferait si elle persistait à l'attaquer sans raison.  C'était sûrement elle qui lui avait dit ... Se remémorant l'insulte, il grogna:

-C'est toi qui m'a traité de "bouffi", demie-portion ?

C'en était trop. Il ne comprenait rien à la colère de cette gamine, et même si son instinct lui soufflait qu'elle était plus que ce qu'elle semblait être, il n'allait pas se laisser faire par cette nature hostile... Comme le loup remuait et que la gamine esquissait un nouveau coup de lame, Abel se releva avec un rugissement de rage qui fit vibrer l'air et, soulevant sa prise à bout de bras, la brandit au dessus de sa tête et l'envoya s'écraser durement contre un gros rocher plat avec un craquement sinistre. Il ne savait pas dans quel état se trouvait son adversaire, mais il ne lui laisserait pas le temps de récupérer.

-J'ai un coeur, crevette. Mais comme tu m'as grossièrement interrompu en plein repas, je vais bouffer le tiens !!

Il chargea sa proie de toute sa masse, la terre tremblant sous sa course. Cette folle avait faillit lui faire perdre le contrôle ! Mais il se battrait jusqu'à qu'il ne puisse plus se retenir. Elle avait voulu se battre ? Qu'elle assume donc !

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Jeu 7 Nov - 21:17


We are our own worst enemy ! ❞

La peur ? Voilà un sentiment qui ne faisait pas partie de son quotidien. Ou plutôt, qui n’en faisait plus partie. Elle n’avait plus rien de cette adolescente craintive, proie sans défense de ce père incestueux. Bien que son apparence soit toujours la même, des millénaires s’étaient écoulés depuis ce tragique épisode de sa vie. Désormais, elle était dotée de tous nouveaux pouvoirs. Elle avait fait peau neuve. En quelque sorte. Voilà pourquoi elle n’hésita pas une seule seconde à se jeter sur celui qu’elle avait choisi pour adversaire. Bientôt, la lame tranchante de son épée vint se loger quelque part dans l’épaule du colosse. Elle guetta la moindre réaction de ce dernier, de la petite exclamation de douleur au cri des plus déchirants, en vain. Ce fut tout juste s’il vacilla. Elle ne s’avoua pas vaincue pour autant. Ni une, ni deux, elle renouvela son attaque, en direction du jarret du mastodonte, cette fois-ci. Après tout, tous les géants avaient leur talon d’Achille ; un peu de patience et elle finirait bien par trouver le sien. Non ? Cette fois-ci, le monstre bascula en arrière, déclenchant à lui seul un véritable séisme. A cet instant précis, elle commit une regrettable erreur, celle de croire qu’elle venait de prendre l’avantage. Elle s’accorda un moment de répit, guère plus d’une fraction de seconde, un laps de temps que le colosse mit à profit pour les soulever de terre, elle et sa monture.

A en juger par l’œil vitreux qu’il posa sur elle, il venait tout juste de remarquer sa présence. Elle tenta de se débattre, en vain. Elle prit alors le parti de tenter de l’intimider avec ce regard dur et froid qui, d’ordinaire, suffisait à faire fuir ses semblables. Mais le géant en avait probablement vu d’autres ! Elle esquissa un geste pour brandir de nouveau son épée mais n’en eut guère le temps. Le choc fut terrible, elle crut même entendre ses os craquer contre la pierre glacée. Fort heureusement pour elle, elle eut le réflexe de protéger sa tête avec le bouclier qu’elle cachait sous sa peau d’âne. Bien entendu, ce genre de chute – quoique violente – n’était pas en mesure de la blesser gravement. Son corps avait été conçu pour résister à des charges de plusieurs tonnes. Toutefois, elle resta à terre un moment, le souffle court, légèrement sonnée. La voix du colosse parvint vaguement à ses oreilles comme un lointain écho. Contre toute attente, elle laissa échapper un petit rire sans joie.

-Bouffer mon cœur ? Tu me rendrais un grand serv…

Mais elle n’eut pas le loisir de s’étendre davantage au sujet de l’inutilité de cet organe qu’elle sentait chaque jour palpiter dans sa poitrine. Elle avait beau tenir de grands discours sur la morosité de cette vie éternelle, son instinct de conservation restait plus fort et, à cet instant précis, il lui soufflait de déguerpir en vitesse. Tandis que la terre commençait à trembler sous la course du géant, elle sauta sur ses pieds et brandit son épée qu’elle planta son ménagement dans le gros orteil de son adversaire. Il était temps de tester les limites de l’expression « le colosse aux pieds d’argile ». Etant donné la taille considérable de cet homme, l’épée ne devait pas avoir plus d’effet qu’un vulgaire cure-dent.  Peu importe, elle comptait avant tout sur l’effet de surprise pour lui donner une chance de s’échapper ! Quelques secondes suffiraient !

Sans plus attendre, elle se précipita en direction de l’arbre le plus proche. Prendre un peu de hauteur ne lui ferait pas de mal. Avec une aisance sans pareille, elle parvint à se hisser sur une branche depuis laquelle elle dominait très légèrement son adversaire. La chance semblait lui sourire : cet arbre fournissait de petites graines qui lui permettraient de compenser la perte de sa seule arme. Elle s’empressa donc d’en ramasser une poignée qu’elle jeta au visage du colosse, espérant l’aveugler. Puis, elle se jeta dans le vide pour se rattraper in extremis au cou de son ennemi, plantant ses ongles dans sa peau épaisse. Jamais encore elle n’avait vu d’épiderme aussi efficace. Très vite, elle comprit que sa tentative était vaine. Aussi jugea-t-elle bon de lâcher prise pour atterrir tout en souplesse sur le sol.

-Ne me sous-estime pas, gros balourd !

Il était temps de faire appel à d’autres capacités que son adversaire ne soupçonnait probablement pas chez une femme de si petite taille. Elle fit un tour sur elle-même et trouva bientôt l’objet adéquat : une vieille souche d’arbre mort. Ni une, ni deux, elle la déracina aussi facilement que s’il s’était agit d’une vulgaire pâquerette et la lança de toutes ses forces en direction du géant.
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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Ven 8 Nov - 1:09



Alors ça, pour une surprise, c'était une surprise.

Ce petit brin de femme qui lui arrivait à peine au dessus du nombril était d'une agilité rare, et avait survécu à un choc qui aurait brisé les reins d'un sanglier (le loup noir massif qui lui avait servi de monture était d'ailleur étendu à quelques mètres, inerte. Mort ou juste inconscient ?). Il lui accordait ce point. Mais sa ridicule tentative de lui percer le cou avec ses ongles avait avorté lamentablement. Elle était peut être rapide et résistante, mais ses assauts inefficaces lui avait surement fait comprendre qu'elle navait pas la force de frappe nécessaire pour lui infliger la moindre blessure. Tous les monstres, tous les guerriers les plus sanguinaires étaient parvenus à la même conclusion en se frottant à lui, alors pourquoi pas elle ? Ce n'était sûrement qu'une question de temps avant qu'elle renonce et s'enfuit en pleurant. Il rit grassement quant elle se laissa tomber à terre.
Rire qui cessa quant elle lui lança son quolibet. Il se retourna pour lui rétorquer qu'il n'était PAS gros.

Et c'est là qu'il reçut un arbre en pleine face.

Alors ça, pour une surprise, c'était une sacré surprise.
L'impact réduisit la souche en miettes avec un "CRAAAAAAAAAAACK" dont l'écho resterait dans les oreilles d'Abel pour un bon moment. Le géant titubait sous le choc, et s'adossa maladroitement au rocher derrière lui, battant des paupières d'un air ahuri. Sa vue troublée ne distinguait que cette furie miniature, campée sur ses jambes comme une lutteuse, en train d'évaluer la portée de son coup.
Il se rendit compte qu'il avait fait une grave erreur en n'écoutant pas son instinct qui lui avait dit de se méfier. Cette chétive petite fille avait une force stupéfiante en comparaison de sa taille, et vu la façon dont elle jaugeait le terrain qui les séparait, elles avait déduit de ses précédentes attaques la distance à laquelle elle était hors de porté du mastodonte. Couplée à une vitesse largement supérieure à la sienne, Abel compris qu'elle allait vite reprendre l'avantage. Et là encore, il fut surpris du talent de celle qu'il appellerait désormais "guerrière".

Elle avait déraciné un nouvel arbre, plus jeune et plus souple que sa première munition. Elle le maniait comme une lance, ce tronc démesuré par rapport à ses mains miniatures, aussi facilement que s'il avait fait cinq kilos, et se mit à le tabasser, littéralement. Abel, bien trop lent, ne pouvait qu'encaisser de plein fouet les coups qu'elle lui portait avec une précision et une rapidité stupéfiante. Le bois ne pénétrait pas sa peau, mais le choc de chaque coup le repoussait et l'empêchait de faire autre chose que se protéger maladroitement en battant des bras au hasard, ce qui était aussi efficace qu'un parapluie contre une tempête. Submergé, complètement ballotté de gauche à droite et aveuglé par le branchage qui lui fouettait le visage, elle le faisait danser comme une poupée de chiffon. Cela n'avait rien à voir avec le bout d'écorche qui s'était logé dans sa narine droite, mais Abel commençait à se dire que ça sentait sérieusement le sapin.
Au bout d'un temps qui lui parut interminable, il se retrouva à genoux dans l'humus. Les coups cessèrent, mais ce n'était que l'oeil du cyclone. Le pire était à venir : La petite guerrière avait ramené son ar(bre)me derrière elle, afin de mettre toute sa force dans un magistral coup de batte dont elle espérait sûrement qu'il marquerait la fin du match. Avec un hurlement terrifiant digne des Valkyries des légendes, elle lui asséna son coup de grâce.

Dommage pour elle. Au jeu de la force brute, Abel valait son pesant de cacahuètes. Et cette fois, il avait eu le temps de récupérer. Le coup l'atteignit de plein fouet à la tête dans un vacarme apocalyptique dont l'onde de choc fit vasciller la cîme des arbres environnants.
Il arrêta net le tronc avec ses dents.
La gueule démesurée l'englobait, et ses crocs acérées l'y bloquait, faisant craquer le bois sur toute sa longueur. L'ogre aussi avait caché sa véritable force.
D'un mouvement de son cou puissant soulevant violament l'arbre, il écrasa la gamine accrochée à l'autre bout contre un vieux chêne, le déracinant au passage. Forçant sur ses mâchoires, Abel arracha le bout d'arbre dans lequel il avait planté les dents, et le mâchonna négligement avant de l'avaler.
La faim se fit moins présente. Il riait à gorge déployée alors qu'il approchait de son adversaire, qui se relevait péniblement :

- Pas mal, petite guerrière. Tu mérites mon respect. Tu es un adversaire de valeur, je serais heureux de te combattre à nouveau. Et de te poser quelques questions aussi. Mais dans notre intérêt à tous les deux, je te conseille de me laisser finir mon repas pendant que je me contrôle encore.

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Ven 8 Nov - 16:30


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Tout à coup, le sens de l’expression « se battre avec l’énergie du désespoir » ne lui sembla plus tout à fait inconnu. Aveuglée par la rage, elle frappait, encore et encore, sans laisser la moindre seconde de répit à son adversaire. Puis, considérant que ce petit jeu avait bien assez duré et que sa victoire était désormais éclatante, elle leva une énième fois le tronc au-dessus de sa tête dans l’intention de lui asséner le coup de grâce. Le cri de rage qu’elle laissa s’élever dans le silence environnant finit par se perdre, quelque part au fond de sa gorge, sous l’effet de la surprise. Non seulement le colosse venait de bloquer son attaque mais il l’avait fait avec… ses dents. Tout à coup, son masque d’indifférence se fissura, laissant paraître un mélange de stupeur et d’appréhension. Elle n’eut pas le temps d’analyser plus longuement le pourquoi du comment une telle chose avait bien pu se produire puisqu’elle se trouva immédiatement projetée contre le tronc d’un chêne qui plia sous le choc. Coincée entre les deux arbres, elle était comme prise dans un étau dont les mâchoires se resserraient de plus en plus, menaçant de briser sa cage thoracique à tout instant. Puis, la pression se relâcha. Brusquement. Elle crut d’abord que le manque d’oxygène lui donnait quelques hallucinations mais… non. Le géant venait d’engloutir ce qui, quelques secondes plus tôt, était encore son arme, sans plus de cérémonie.

Encore choquée mais bien décidée à ne pas servir de dessert à cet énergumène, elle se releva tant bien que mal tout en massant ses côtes endolories. A en juger par son discours, le colosse proposait une trêve et agitait bien haut le drapeau blanc. Elle s’employa à rester impassible mais au fond d’elle, elle se sentait quelque peu soulagée. Aurait-elle été capable de tenir un tel rythme pendant quelques minutes encore ? Rien n’était moins sûr ! D’un pas claudiquant, elle parvint à se traîner tant bien que mal jusqu’au pied d’un vieux chêne que le géant n’avait pas encore choisis pour quatre heures. Légèrement grimaçante, elle se laissa glisser le long de l’écorce pour venir s’asseoir dans la mousse recouvrant les racines. Pendant un court instant, son regard balaya le champ de bataille. A eux seuls, ils venaient de créer une petite clairière au milieu de ce bois sombre. Enfin, elle reporta son attention sur son adversaire et le jaugea du regard pendant de longues minutes après qu’il se soit tut. En guise de réponse, elle finit par esquisser l’ombre d’un sourire qui se voulait avant tout provocateur mais qui ne pouvait totalement cacher une pointe d’amusement.

-Je te respecte, géant. Mais attention ! Cela ne fait pas de nous des amis.

Une fois ce petit détail précisé, elle détourna son regard de son adversaire. C’est alors qu’elle remarqua la présence de son loup, étendu tout près d’elle, semblant souffrir le martyr. Lentement, elle rampa jusqu’à lui pour venir glisser ses doigts dans son pelage sombre tâché de sang. Tout son corps était comme entouré d’une étrange lueur qu’elle était la seule à pouvoir détecter. Elle savait ce que cela signifiait. Elle laissa échapper un profond soupir. Elle avait toujours eu plus de compassion pour les animaux que pour les hommes. Il était trop tard, elle ne pouvait plus rien pour lui. Après tout, elle n’était qu’une sorte d’ange de la mort. Elle n’avait pas le pouvoir de l’empêcher, seulement de l’infliger. Elle se releva, tant bien que mal, pour s’avancer vers le colosse.

-Tu permets ?

Sans attendre la moindre réponse, elle tira son épée restée coincée dans le gros orteil de son adversaire qui ne semblait même pas sentir sa présence. Puis, elle s’avança de nouveau vers son fidèle compagnon… pour lui porter le coup fatal. Les gémissements plaintifs cédèrent la place au silence assourdissant. Son visage n’exprimait aucune forme d’émotion lorsqu’elle se baissa pour ramasser la dépouille et la lancer en direction du mastodonte.

-Bon appétit !

Son ton était froid et elle ne put retenir un petit reniflement méprisant. Elle regagna sa place au pied du vieux chêne et entreprit d’essuyer la lame de son épée dans la mousse. Après quoi elle s’empara d’une vieille branche qu’elle commença à tailler en forme de lance. Sans prêter le moindre regard à son acolyte, elle se décida tout de même à engager la conversation, elle qui n’alignait que rarement plus de trois mots à la suite.

-Qui es-tu ?

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Lun 11 Nov - 18:20




-"Amis" ? Je ne suis même pas sûr de savoir ce que ça veut dire.

Abel riait encore lorsque la petite lui retira du pied une épée dont il ne se souvenait pas qu'elle fut logée ici. Il cessa cependant quant il la vit achever le loup agonisant. Belle détermination. Les cavaliers supportaient rarement de voir mourir leur monture, ce qui avait généralement pour seul effet de faire souffrir la bête pendent de longues heures. Il nota quand même une pointe de tristesse dans son regard quand la lame se logea dans la carotide du fauve. Son "Bon appétit" était dit avec suffisament de dédain pour qu'Abel ne se méprenne pas sur son geste.

-Tu y tenais, à ce bestiau ? ... Je vais faire ça vite, alors...

Il épargnerait à la jeune fille de le voir cuire, découper et savourer son loup. Il profita qu'elle lui tournait le dos pour ingurgiter la moitié de la carcasse (en élargissant sa gueule autant qu'il put) que ses dents découpèrent en un claquement, et qu'il avala presque sans mâcher. Il avait à peine dégluti que la seconde moitié du loup disparaissait dans son gosier dans un gargouillement qu'il eu peine à étouffer. Il ne parvint d'ailleur pas à réprimer le rot qui suivit. Ses entrailles cessèrent de réclamer leur dû et s'affairèrent à la digestion de l'arbre et de l'animal. Son esprit recouvrait peu à peu sa lucidité, mais il lui restait encore un creux, malgré tout. Essuyant le sang qui ruisselait de sa bouche (revenu à une taille relativement normale) d'un revers de main, il s'affaira à récupérer du bois sec. Une fois entassé, il l'embrasa avec son briquet. Le feu crépita. Bien, il allait pouvoir faire cuire l'autre loup, celui qu'il n'avait pas eu le temps de finir.

Il reprit sa marche, traînant la carcasse du loup (dont il ne manquait qu'une bouchée) vers le feu qui commençait à faire danser ses lumières sur l'herbe humide de la clairière tandis que le soir commençait à tomber. Il la dépeça le plus proprement possible. La guerrière adossée à un arbre taillait rageusement un morceau de bois et ne semblait lui prêter aucun intérêt. Orgueilleuse, par dessus le marché... Abel riait intérieurement. Seuls les pleutres aimaient arrêter un combat, et elle était clairement de la trempe des vrais guerriers.
Il se détendit, et alors qu'il empalait sa victime sur une branche et la mettait au dessus du feu, il entendit celle qui avait été son adversaire lui demander :

-Qui es-tu ?

Il en fut étonné. Personne ne lui avait jamais posé la question. Rares étaient ceux que cela intéressait, et encore plus ceux qui avait survécu assez longtemps pour lui demander. Enfin, hormis les filles paumées qu'il traquait quelquefois à la sortie des boîtes de nuit. Mais cette fois, pas question de séduire, de mentir, de tricher. Il avait enfin rencontré quelqu'un de valeur. Décidément, cette femme, cette forêt, cette île étaient pleines de surprises. Assaisonnant la viande d'une pincée d'herbes aromatiques qu'il sortit de sa poche, il tourna le regard vers la jeune femme dont les yeux commençaient à luire dans la pénombre.

-QUI suis-je, ou QUE suis-je ? répondit-il en esquissant un sourire carnassier.

Il n'alla pas plus loin dans sa bravade, n'étant plus d'humeur à provoquer l'ire de la jeune fille. Il avait des questions, et son air revêche lui plaisait bien.

-Je m'appelle Abel, je crois... Et toi petite, qui es-tu ? Est-ce que c'est une tradition locale de tabasser les nouveaux arrivants, sur cette île ?

L'odeur de la viande grillée vint lui chatouiller les narines (il profita d'un instant d'inattention de la jeune femme pour en déloger l'indésirable esquille de bois qu'elle y avait logé). Il décrocha un bout de viande sans attendre de réponse.

-Viens donc près du feu, on va pas se crier nos questions toute la soirée. Un morceaux ?

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Mar 12 Nov - 19:28


We are our own worst enemy ! ❞


Les os craquèrent sous la mâchoire puissante du colosse. Elle avait beau tourner obstinément le dos à cette scène, elle ne put réprimer un haut-le-corps. Elle tenta tant bien que mal de reporter son attention sur son morceau de bois mais son couteau ripa et la lame vint se loger quelque part le long de son poignet. Elle étouffa un juron puis, regarda le filet de sang couler pendant un long moment, accompagnant sa trajectoire du bout des doigts. Elle ne souffrait pas. D’abord parce que ses qualités physiques étaient bien supérieures à la moyenne mais aussi parce que ce léger picotement n’était rien comparé à ce qu’elle ressentait au fond d’elle-même, depuis des millénaires. Elle ne craignait pas la douleur physique. Elle la recherchait, même, comme s’il s’était agi d’une vieille amie capable de masquer une toute autre forme de blessure. Un énorme gargouillement se fit entendre, quelque part, dans son dos. Elle soupira puis posa le couteau. Ce loup n’avait été sa monture que pendant quelques minutes mais un lien s’était tissé entre eux. C’était chaque fois la même chose. Tout d’abord, les crocs menaçants. Puis, cette danse à l’issue de laquelle elle gagnait leur respect. Et enfin, le combat qu’ils partaient livrer ensemble. Elle se sentait proche des animaux, considérant parfois qu’elle en était elle-même un. Elle se sentait proche d’eux, bien plus qu’elle ne le serait jamais des hommes.

Au moment où le colosse reprit la parole, elle tourna la tête, juste à temps pour voir son visage s’illuminer d’un sourire carnassier. Nullement impressionnée, elle haussa les sourcils, interloquée. Etait-il en train de lui reprocher de s’être adressée à lui comme à un homme et non pas comme s’il s’était agi d’une vulgaire créature ? Elle qui, pour une fois, avait fait preuve d’un peu de tact ; elle ne s’embarrasserait plus de telles politesses à l’avenir ! Abel. Sans doute son nom d’usage car cela ne lui évoquait rien. Elle s’interrogea silencieusement quant à la divinité qui pouvait bien se cacher derrière ce gigantesque tas de chair mais elle n’eut pas le loisir d’approfondir davantage la question.

-Je suis bien trop indépendante pour suivre les traditions, répliqua-t-elle avec une assurance à toute épreuve. Je suis une insoumise, je ne m’embarrasse pas des convenances. Considère donc qu’il s’agissait là d’un traitement de faveur… une sorte de cadeau de bienvenue !

L’ombre d’un sourire sembla éclairer son visage mais cela ne dura guère plus longtemps qu’un éclair. Fronçant légèrement le nez, elle consentit tout de même à s’avancer jusqu’à lui et à accepter le bout de viande qu’il lui tendait. Toutefois, elle prit le parti de s’installer à une distance de plus d’un mètre qu’elle jugeait suffisamment raisonnable. Tenant le morceau de chair encore sanguinolente à bout de bras, elle ramena ses genoux contre sa poitrine pour se recroqueviller sur elle-même comme chaque fois qu’elle ne se sentait pas totalement en sécurité – quatre-vingt-dix pour cent du temps, en somme !

-On m’appelle Paloma…, finit-elle par lâcher dans une légère grimace et après de longues minutes de silence. Ce que je trouve très ironique. Je n’ai rien d’une colombe. Chez les animaux volants, je me classerais plutôt parmi les rapaces ! Enfin...

Elle poussa un énième soupir avant d’entreprendre l’examen de son morceau de viande, l’observant sous toutes les coutures, le reniflant avec un air dégoûté. Puis, elle le porta à sa bouche et le mâchouilla un long moment, une expression dubitative sur le visage.

-A l'avenir, je te serai gré de trouver autre chose que ma monture pour combler le puits sans fond qui te sert d'estomac !

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Mar 12 Nov - 22:07



-Eh, restes polie gamine... dit Abel en agitant son morceau de viande en direction de la jeune femme prostrée de l'autre côté du feu.
Indépendante, insoumise, elle l'était sans aucun doute. Et les convenances semblaient effectivement être le cadet de ses soucis. Avec une force pareille, il imaginait sans peine ce qu'il avait pût advenir du pauvre fou qui aurait eût la bonne idée de lui donner des leçons. Il rit. Finalement, plus il y pensait, plus elle lui ressemblait. Avec ses grands yeux qui reflétaient la lueur du feu, il lui trouvait un air de petite fille triste qu'elle n'avait pas lorsqu'elle l'avait battu comme plâtre avec un noisetier.
Dans la tête du colosse, les pensées s'entrechoquaient. Ils s'étaient combattus avec honneur, elle avait accepté la trêve loyalement, et maintenant elle lui parlait certainement aussi courtoisement qu'elle pouvait. Abel n'avait jamais connu ça, et il ne devait pas gâcher sa seule chance d'arpenter le monde des immortels sans se faire chasser comme le monstre qu'il s'efforçait de ne plus être. Il devait lui exprimer des regrets, sans quoi elle se vexerait.

-Je suis... heu... désolé pour ton loup. Celui qu'on mange, c'est lui qui m'a attaqué, je lui avait rien demandé. Le tiens, je... heu... disons que c'était un dégât collatéral ...

Il tenta un sourire maladroit qui révéla seulement un morceau de viande coincé entre ses canines pointues, et qui réussi juste à le faire paraître idiot. Devant l'air de profond mépris de Paloma, il se maudit intérieurement d'être aussi manche. Quant la bête prenais le dessus et qu'il traquait ses proies, cela lui semblait facile de parler aux femmes. Les mots venaient tout seuls, c'est même souvent elles qui se jetaient dans ses bras. Mais là, il se sentait ridicule, difforme, laid, et surtout bête à un point qu'il n'aurait pas crût possible. Non pas que les joyeusetés sous draps soient son but (surtout qu'il imaginait sans peine la correction titanesque qu'il recevrait s'il lui proposait), mais il avait enfin l'occasion de parler, d'être à peu près normal. Et il gâchait tout. Quelle misère!
Il baissa les yeux sur sa brochette d'un air triste.

-Mais tu as tout de même raison, mon estomac est un puits sans fond. Tu serais un rapace ? Eh bien moi, je dois être un requin. J'avale tout ce qui peut rentrer dans ma gueule, sans distinction. C'est pas mieux, hein ? Un rapace peut se reposer de temps en temps, au moins. Moi, je dois toujours manger. Si je ne mange pas assez, je deviens... pire.  Le plus drôle, c'est que j'ai aucune prise sur ça. Enfin, c'était comme ça jusqu'à ce que... Non, c'est toujours comme ça en fait... Je suis qu'un ogre, attiré par le sang...

Tandis qu'il parlait, sa faim à près rassasiée transformais son corps automatiquement. La graisse laissait place à des muscles noueux, ses traits se firent plus droits et il rétrécissait légèrement. Il était toujours grand pour les normes humaines, mais semblait moins monstrueux. Quant il prit conscience de son changement de forme, il ajouta précipitament:

-Heu, ne vas pas croire que je cherche à t'apitoyer, ou à te draguer, hein ? C'est, heu... un réflexe.

Incroyable. Lui qui avait dévoré des centaines de gens encore vivants et en avait torturé plus encore, était en train de s'excuser lamentablement devant une fille qui ne dépassait pas la moitié de sa taille et le quart de son poids.
Mais pour la première fois depuis longtemps, l'humain prenais le pas. Et il aimait ça. Il voulait que ça dure.

-Ahem, bref. J'ai pas pût m'empêcher de remarquer que tu pouvais soulever un arbre comme un fétu de paille. Dis moi, d'où te vient une telle force ? Je me doutais pas que...

Hélas, l'odeur du sang qui coulait du bras de la jeune femme, jusque là caché par l'arôme salé de la viande grillée, pénétra ses narines sans ménagement, heurtant sa psyché, lui renvoyant les images des milles tourments de la faim sans fin. Alors que la bave lui montait aux lèvres et que ses dents poussaient, il se boucha vivement le nez et hurla presque, à moitié étouffé :

-Panses-moi vite cette blessure, par pitié !!!!

Il s'enfonça le cuisseau du loup dans la bouche, en priant que la guerrière réagirait vite.

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Mer 13 Nov - 14:47


We are our own worst enemy ! ❞


Elle sursauta violemment, se repliant encore davantage sur elle-même. Quelques minutes plus tôt, pourtant, elle avait senti chacun de ses muscles se relâcher à mesure que le colosse changeait progressivement d’apparence. Peu à peu, il lui avait semblé moins effrayant, moins repoussant… plus humain, en quelque sorte. Désormais, elle se demandait si elle n’avait pas été tout bonnement victime d’une illusion. Partagée entre la peur et l’incompréhension, elle tentait de déterminer ce qui avait pu motiver cette réaction qu’elle jugeait excessive. A en juger par la façon dont l’ogre plaquait son énorme main sur son nez, elle n’était pas la seule que l’odeur du sang incommodait. En dépit des milles pensées qui se bousculaient dans sa tête à cet instant, elle parvint à demeurer étonnamment calme, presque impassible. Elle baissa les yeux sur son poignet blessé, puis reporta son regard sur le colosse, passant plusieurs fois de l’un à l’autre, et ce de plus en plus vite. Puis, lentement, elle porta la blessure à ses lèvres, une lueur de défi dans le regard. Elle sentait bien qu’il était à bout et pourtant, elle n’avait pas la moindre intention de se presser. Elle se plaisait à chercher le point de rupture, la limite à ne jamais franchir ; elle avait toujours aimé ça. Lorsqu’elle eut terminé de nettoyer sa blessure de la même façon que l’aurait fait son loup si sa vie avait été épargnée, elle passa lentement son doigt sur ses lèvres pour effacer les dernières gouttes de sang. Puis, à contrecœur, elle consentit à retirer sa peau d’âne pour recouvrir son poignet mutilé.

Sans cette peau repoussante, elle se sentait nue, ou presque. Pourtant, force était de constater que c’était loin d’être le cas. En se découvrant, elle venait de répondre en partie à la question du géant, révélant une épaisse armure qui scintillait légèrement à la lueur des flammes. Sans même le regarder, elle pouvait devenir la surprise qui devait s’emparer de lui à cet instant. Cette pensée lui arracha un petit rire moqueur. Si la voir déraciner un arbre aussi facilement que s’il s’était agi d’une vulgaire pâquerette l’avait étonné, le pauvre bougre n’était pas encore au bout de ses peines.

-Tu ne t’attendais pas à cela, n’est-ce pas ? Ne jamais sous-estimer son ennemi ! s’exclama-t-elle en esquissant un fin sourire. Elle laissa le silence faire son petit effet pendant quelques minutes avant de préciser sa pensée. Je suis une Valkyrie. Je parcoure les champs de bataille pour y semer la mort puis je sauve l’âme des héros qui s’en sont montrés dignes.

Tout en parlant, elle jouait nerveusement avec la peau d’âne qui recouvrait toujours son bras. Elle détestait s’en séparer. Sans elle, elle se sentait nue, faible, vulnérable. En un sens, la peau la protégeait davantage que l’armure. A cette pensée, elle se recroquevilla encore davantage sur elle-même – si tant est que cela fut possible.

-Voilà géant, tu sais tout désormais. Tu comprendras donc aisément que tes vaines tentatives n’auront jamais le moindre effet sur moi.

Une fois encore, elle avait prononcé ces mots sur un ton de défi. Quelques millénaires plus tôt, elle avait fait le serment de ne jamais succomber au plaisir de la chair. Depuis ce jour, elle n’avait jamais subi la moindre tentation. Il faut dire qu’elle avait déployé d’immenses efforts pour toujours se tenir à bonne distance du sexe opposé. L’ombre de ce père incestueux planait toujours au-dessus d’elle et cette simple pensée lui arrachait chaque fois, comme présentement, un frisson d’horreur. Elle ferma les yeux un cours instant, le temps de reprendre ses esprits. Puis, elle reporta son attention sur le colosse.

-C’est donc ainsi que tu amadoues tes futures victimes ? Je te découvre fin stratège ! s’exclama-t-elle avec un sourire goguenard. Elle ne pouvait réprimer ce genre de petites piques insolentes, sa nature était faite ainsi. Néanmoins, elle recouvra son sérieux et poursuivit : Tu n’es pas qu’un ogre assoiffé de sang. Ou plutôt, tu ne le serais pas si tu avais vraiment la volonté de devenir quelqu’un d’autre. C’est ce que j’ai fait, moi. Et j’y suis parvenue.

C’était vrai. En partie, du moins. En tout cas, elle avait besoin de le croire. Elle avait besoin de se dire que cette période sombre de sa vie était derrière elle. Désormais, elle était aux commandes, maîtresse de son destin, capitaine de son âme.


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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Mer 13 Nov - 23:48




Non, non, non, PAS MAINTENANT !!!!

Abel luttait de toute la force de sa volonté contre ses instincts et contre sa transformation. Dos à la guerrière, il serrait son chef entre ses énormes mains (le cuissot ayant disparu depuis longtemps dans son gosier abyssal) en éssayant d'en chasser les flashs qui menaçaient sa conscience. L'instant était critique.
Au bout d'une éternité, quant l'odeur du sang fut enfin passée, il avait presque atteint sa taille maximum, et le point de non retour. Il tourna légèrement la tête par dessus son épaule, ne révélant à sa compagne d'infortune qu'un oeil noir comme celui d'un requin. Mais la lueur qui frappa cet oeil ramena Abel à lui pour de bon.

Abel n'était pas vraiment sensible à la beauté ou à l'art (le genre "camionneur qui se gratte l'entrejambe en baillant" dans les expos, vous voyez ?). Mais cette beauté là, il n'avait jamais rien vu d'approchant durant sa très longue vie. La lueur de cette armure, le halo d'énergie qui semblait envelopper la guerrière, le feu dans ses yeux... Peut être que la bête en lui fut trop effrayée par cette vision divine ? Ou peut être qu'Abel avait réussi à la dompter cette fois ?
Qu'importe. Elle était partie. Il avait repris le dessus. Il fit volte-face, en observant ce somptueux tableau d'un air pantois. Voilà ce qu'elle cachait. Elle se montrait enfin dans sa vraie splendeur, tandis qu'Abel se montrait dans toute sa monstruosité. La voix de la belle lui parvint, assourdie par le sang battant à ses oreilles.

Une Valkyrie. Il avait souvent entendu cette légende d'un autre âge. Mais la voir était proprement sidérant. Effectivement, cela expliquait ses exploits. Et le fait qu'elle continuait à le provoquer. Elle était habitée par le combat, cela se sentait dans chacun de ses mots. Plus il l'écoutait parler, plus il la trouvait fascinante. Au moins autant qu'il la trouvait impertinente.
Il riait intérieurement. Il avait tenu tête à une combattante d'Asgard, et l'avait même mis à terre. Invincible ? Peut-être pas, mais elle avait du répondant. Au moins, cette femme survivrait à leur première dispute conjugale. Il chassa aussitôt cette pensée de son esprit, la reléguant définitivement au rang de "mauvaise idée".
Il se rendit alors compte de son état et se concentra pour revenir à une forme plus acceptable. Tandis qu'il reprenait les proportions d'un homme (à peu près) normal, la petite femme terminait son discours. Elle n'avait que partiellement raison. Il devait lui expliquer.

-Pardonnes moi pour ce... cette... ça... Et puis, je voulais pas t'amadouer, enfin, pas comme... D'ailleurs tu es très jolie...

"Boulet !" pensas t-il. Il était toujours aussi peu doué avec les mots. Mais il devait se justifier, et surtout, démontrer clairement la nuance qu'elle devait ajouter à son propos. Inspirant un grand coup, il se reprit.

-T'as peut être pas bien compris le principe, alors je vais la refaire. Ce n'est pas juste une question de volonté dans mon cas. Je ne peux pas choisir, pas si les circonstances sont trop extrêmes. Quand il y a trop de sang dans l'air, ou que j'ai trop faim, je... perds le contrôle. C'est dans mon corps, tu comprends ?

L'air incrédule de la Valkyrie lui fit comprendre que non. B****l de m***e !!!

-Toi, tu peux choisir de tuer ou pas, je me trompe ? Que tu t'habille avec cette... heu... ce bout de chiffon crasseux, ou que tu portes cette armure, tu es toujours toi, dans ta tête ? C'est toujours toi qui commande, qui décide ?

Il s'arrêta un instant pour choisir ses mots.

-Et bien moi, non. Là, tout va bien, on se parle, on rigole, on peut même se battre un peu, mais je reste moi. Tu comprends ? Mais si... si tu arrives à me mettre à mal par exemple, ou si je te blesse suffisamment, mon cerveau fait "clic". Et là, c'est plus moi. C'est... autre chose. Enfin, c'est toujours moi, mais... sans contrôle, sans limites, sans... sans le bon moi, quoi. Et là, c'est pas la même. C'est l'instinct, le prédateur, la faim. Tu comprends mieux là ?

Abel ne parvenait pas à déchiffrer l'expression sur le visage de la jeune femme. Il s'affala sur le sol herbeux, encore épuisé par l'effort qu'il avait fourni pour se maîtriser. D'ailleurs, était-ce lui-même qu'il combattait ? Ou était-ce une bête, autre chose ? Il ne le savait même plus. Il reprit d'une voix plus ténue. Elle allait encore croire qu'il essayait de "l'amadouer". Tant pis. Il avait besoin de parler, plus qu'il n'osait se l'avouer.

-J'ai la volonté. Je fais tout ce que je peux pour éviter ça. J'évite les gens autant que possible. Je m'efforce autant que je le peux à me contenir quand ça arrive. Et neuf fois sur dix, ça foire. Et tu veux savoir un truc drôle ? Quand je refais surface, je souffre de ce que j'ai fait. Je revois tout, et ça fait... mal. Encore un truc drôle ? Je n'ai pas toujours été comme ça. C'est quelqu'un qui ma fait ça. Un dieu, sans doutes. C'est pour ça que je suis venu ici. Je veux savoir pourquoi... Parce que j'en ai marre de devoir rester seul. Qu'il m'enlève cette conscience, ou qu'il me soulage de la faim, mais que ça s'arrête...

Il fixa la lune qui se levait. Elle revenait toujours, inlassablement, infiniment. Comme la faim. Il ferma les yeux.

-Je suis mon pire ennemi.

Il reporta son regard sur la guerrière, toujours muette. La curiosité l'emporta sur la mélancolie.

-Il est facile de comprendre pourquoi je cache ma face la plus dangereuse. Elle n'apporte rien de bon. Mais toi ? pourquoi tu te caches sous cette peau ? De quoi as tu peur ? Ils doivent pas être nombreux à pouvoir te faire du mal, alors pourquoi tu caches qui tu es ?

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Dim 17 Nov - 18:24


We are our own worst enemy ! ❞


Avant même que le colosse ne débute son récit, elle laissa échapper un petit claquement de langue exaspéré. De tous les vices dont l’espèce humaine se rendait régulièrement coupable, la faiblesse était sans nul doute celui qui lui inspirait le moins d’indulgence. Elle-même s’était montrée fragile par le passé, jamais plus elle ne reproduirait cette erreur. Avec le temps, elle avait appris à refouler ses sentiments, les bons comme les mauvais. Un par un, elle les avait soigneusement enfermés dans sa boîte de Pandore avant de jeter la clé au feu. C’était mieux ainsi. Elle n’était douée d’aucune forme d’empathie – en tout cas, elle avait réussi à s’en persuader. Voilà pourquoi le compliment de l’ogre ne fit que glisser sur elle. Toujours recroquevillée sur elle-même, entourant ses jambes de ses bras, elle fronça très légèrement le nez comme s’il lui était possible de sentir cette atmosphère chargée d’émotions – et comme si ce parfum l’indisposait au plus haut point. A mesure que le géant retrouvait une apparence humaine – ou, du moins, une taille s’approchant de la normale – elle le sentait s’adoucir, prêt à se dévoiler sous son véritable jour. Or, elle n’était pas sûre de vouloir en savoir davantage. Elle était bien plus à l’aise lorsqu’il s’agissait de se battre. Les relations humaines n’avait jamais été son fort.

Elle fit le choix de se montrer aussi froide et distante que possible. Elle fit mine de n’écouter son discours que d’une oreille distraite alors qu’en vérité, elle buvait la moindre de ses paroles. Elle n’aurait jamais cru pouvoir dire cela un jour mais… elle comprenait exactement ce qu’il ressentait. Mieux que quiconque, elle savait ce que c’était que de ne pas se sentir à sa place. Mieux que quiconque, elle savait ce que c’était que de se laisser dépasser par les évènements. Mieux que quiconque, elle savait ce que c’était que de se faire honte, au point d’en avoir la nausée. Pourtant, elle ne dit rien. Elle se contenta de fixer les flammes en silence, sans desserrer les lèvres, excepté un court instant pour répéter, dans un murmure, pour elle-même :

-Qu’il m’enlève cette conscience…

Elle aurait tellement aimé ne plus penser, n’être rien d’autre qu’une guerrière sanguinaire, sans pitié, sans passé, sans regrets ni remords… ! Elle aussi était son pire ennemi. Tandis que les propos du colosse trouvait une étrange résonnance dans son esprit, elle sentit quelque chose d’étrange se produire, comme si une boule se formait doucement dans sa gorge, propageant un goût amer jusqu’à ses lèvres pincées. C’est alors qu’il commit l’erreur de l’assommer avec toutes ces questions. Dès lors, elle se sentit menacée, bien plus qu’elle ne l’avait été quelques minutes plus tôt lorsqu’il l’avait sauvagement projetée contre cet arbre.

-Je n’ai pas la moindre intention de discuter de cela avec toi !

D’un bond, elle se leva. D’un geste ample, elle déploya de nouveau la peau qu’elle jeta par-dessus ses épaules avant de tourner les talons et de s’éloigner à grandes enjambées. Elle ne fit que quelques mètres avant de se laisser tomber dans l’herbe, de nouveau, le regard vague. Elle donnait l’impression d’être loin, à des kilomètres d’ici… des millénaires en vérité. Sans même s’en rendre compte, elle frottait machinalement ses bras, se griffant jusqu’au sang comme pour se débarrasser d’une souillure qu’elle était la seule à percevoir. Elle finit par s’arrêter, au moment où elle prit conscience qu’elle respirait avec difficulté. Elle ferma les yeux un instant, inspirant profondément.

-Tu caches ta face la plus dangereuse, je cache ma faiblesse…

Elle avait murmuré ces quelques mots d’une voix légèrement brisée, presque inaudible. Elle n’en dit pas davantage. Elle s’en sentait bien incapable. Elle ne voulait pas gâcher le peu de choses qu’ils avaient réussi à construire pendant ces quelques minutes d’accalmie. Elle savait qu’elle ne pouvait se livrer totalement sans risquer de se le reprocher ensuite. Auquel cas elle finirait par le détester lui aussi. Or, il semblait avoir bon fond. Il ne méritait probablement pas cela.

-Je peux comprendre que tu exècres la solitude. Je peux comprendre que tu aspires à autre chose. Mais, crois-moi, même les bêtes sauvages assoiffées de sang vivent plus heureuses que les Hommes. L’amour, les sentiments, tout ça… ça ne sert à rien. C’est pour les faibles. Tu ne veux pas être faible, n’est-ce pas ?


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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Lun 18 Nov - 2:42



"Eh ben voilà, il fallait que ça déconne à un moment, forcément...

Tout allais bien jusque là. je parlait ouvertement, gentilment (chose rare) et sans arrière pensée. Je veux arrêter de parler de moi, m'intéresser un peu à elle. Et là, la petite écarquille les yeux, s'offusque et se barre comme si je lui avait proposé la botte. Décidément, j'ai le chic pour tout faire partir en eau de boudin. Et admettez que dans la catégorie des foirages, ça se pose là !"

Telles étaient les pensées qui traversèrent Abel (l'auteur vous a transmit la version littéraire) tandis qu'il regardait, bouche bée, la Valkyrie s'éloigner dans tous ces états en remettant sa vieille peau mitée sur ses épaules. Ce ne fut que lorsqu'il la vit s'affaler dans l'herbe en gémissant qu'il se décida à se lever et à se rapprocher d'elle.
Ainsi donc, elle cachait sa faiblesse... du peu qu'Abel avait pu voir, elle était loin d'être faible. Cela ne pouvait signifier qu'une chose : cette faiblesse n'était pas physique, et remontait à trop longtemps pour pouvoir être soignée en une discussion. Tant mieux, ça lui donnera peut-être l'occasion de la revoir... Elle achevait son discours d'une voix qu'elle voulait sans doute plus assurée, mais dans laquelle l'ouïe fine d'Abel (l'une des rares choses fines chez lui, avec son... ohohohoh!! je vous vois venir ! son ODORAT, bande de libidineux !) percevait des sanglots, malgré les efforts de la jeune fille pour les contenir. Le ton démentait presque les propos. Il ne savait pas pourquoi, mais ces paroles l'énervaient.

Un petit encart pour toi, lecteur amorphe qui lis ces lignes à une heure tardive.
Dans un film à l'eau de rose, le beau mec aurait posé son blouson sur les épaules de la jolie fille en l'enveloppant de ses bras musclés. Il lui dirait d'un ton mielleux plein de compassion et de guimauve que sa faiblesse la rendait humaine, qu'elle était plus forte qu'elle le croyait, qu'elle pouvait être elle-même avec lui parce qu'il ne lui ferait jamais de mal, que c'était parce qu'elle était sensible qu'il l'avait préférée à Jessica la capitaine des pom-pom girls... et autres niaiseries du genre dont les ados boutonneux raffolent parce que à la fin, la fille à lunettes se fait quand même le quaterback trop canon et que le geek peut embrasser le top model parce qu'il a été gentil avec elle...

Autrement dit le cocktail parfait pour se manger la plus grosse mandale d'Asgard et de ses environs immédiats. Parce que 1: s'il la touchait dans son état, il allait se faire voler dans les plumes, et 2: ce genre de sucreries ne marche que dans ce genre de s(h)itcoms.
Fin de l'encart.

Pour Abel, Paloma pleurait et crachait peut-être sur les sentiment humains, mais cela ne faisait que l'enfoncer dans une spirale qui la coupait d'elle même. Seul son côté guerrier la maintenait à flots. Tablant sur ce fait et sur le fait qu'elle avait vu et compris ce dont il était capable, l'ogre choisit son angle d'attaque. Se plaçant devant la jeune fille prostrée dans l'herbe humide, il lui tourna le dos et répondit.

-Et bien t'as pas le contact facile, petite...

Il lui fit face (à bonne distance toutefois) et s'accroupi pour se mettre (à peu près) à sa hauteur et, arborant sa dentition de fauve, lui présenta un sourire à côté duquel celui d'un grand requin blanc a l'air aussi mielleux et inoffensif que le sourire du scout qui vous réveille le dimanche matin pour vendre ses chocolats (ou celui d'un témoin de Jéovah, je les confond toujours).

-Ne le prends pas comme une menace, mais je te trouve bien présomptueuse de railler ainsi les sentiments. C'est grâce à eux que tu es toujours en vie...

Il grossissait, s'élargissant peu à peu tandis qu'il parlait.

-Si je suis ton mode de pensée, je n'aurais pas dû faire preuve d'empathie en me contentant d'avaler ton arbre ? J'aurais dû continuer à t'aplatir, te frapper t'écraser jusqu'à réduire ton beau visage en purée, puis violer ton cadavre avant de le manger ? Parce que ma jolie, si je n'avais pas éprouvé ce qui ressemble fort à de la sympathie à ton égard, je t'aurais avalée d'un trait. D'ailleurs, vu que tu te fais saigner exprès, c'est peut être ce que tu cherches ?

Sa pupille dilatée à l'extrême se posa sur les bras meurtris de la guerrière sur lesquels perlaient de fines gouttes écarlates. Heureusement pour elle qu'il avait eu le temps de s'habituer à son arôme, et qu'il avait le ventre plein. Saisissant un rocher entre ses mâchoires, il le pulvérisa avant de l'avaler. Il aurait une lourdeur sur l'estomac, mais tant pis, elle devait comprendre. Fermant sas paupières, il se concentra une seconde et reprit son apparence "normale". Il reprit d'un ton posé, avec un léger sourire qui cette fois avait l'air humain.

-Tu n'as pas idée des efforts qu'il m'a fallu faire, ni de la douleur que j'endure chaque fois que j'oublie de les faire. Je lutte tous les jours pour ne pas être une bête. Et tu oses appeler ça de la faiblesse ? Ma pauvre, moi j'appelle ça être vivant.

Il se redressa et fit un pas en arrière en voyant que la guerrière avait porté la main à son arme. Levant les mains en signe de désarmement, il enchaîna.

-On est pas si différents des humains en fin de compte. Tu as peur comme eux, plus difficilement certes, mais quand même. C'est un sentiment. Et j'ai de la compassion, comme eux. Moins, c'est vrai, mais quand même. Je ne comprends pas comment une vieille peau moisie peut te sembler plus protectrice que ton armure, mais je comprends que tu te sens faible sans. Je croyais que les guerrières d'Asgard étaient les plus courageuses au monde, me serais-je trompé ? Hahahaha, ne le prends pas mal, mais une guerrier qui refuse de voir sa peur finira par se faire submerger. Et c'est pour ça que je suis plus fort que toi. Je combat ma peur au lieu de céder à la facilité de mes instincts. Et pour répondre à ta question, oui, j'ai envie d'être faible, de pouvoir parler à quelqu'un sans risquer de me jeter sur lui. Remarques, ça a l'air de bien se passer jusque là. Alors je fais quoi ? je continues à être faible ?

Il prit une seconde pour reprendre son souffle. Fermant les yeux, il passa la main derrière sa nuque et la fit craquer. La fatigue se faisait sentir, et il ne voulait pas provoquer Paloma au delà d'un certain point. Il ne fallait pas qu'elle se méprenne sur ses intentions.

-C'est parce que je me suis montré "faible" que je ne t'ai pas mangé. Si ce constat ne te vas pas, je te suggère de revoir ton jugement. Je t'aime bien, quoi que tu en penses. Et vu de ma fenêtre, toi qui caches qui tu es sous une peau, tu parais bien faible, ça me donne envie de t'aider. Alors un conseil : tu as bien plus à gagner en te montrant d'un seul bloc, sans fuir ou cacher tes failles. Je sais pas ce qui a pu t'arriver pour que tu traînes un tel traumatisme, mais j'espère que tu en guérira. Moi en tout cas, ça m'a fait du bien de te connaître, de te parler. Si tu veux qu'on s'entraide, ça me ferait plaisir. Je vais me construire une petite cabane ici demain matin, c'est sympa comme endroit. Je brasserai de la bière, et je t'en offrirai la prochaine fois. Mais là j'en ai plein les bottes alors j'vais me poser près du feu, ça éloigne les insectes. Et je te promet que je ne te ferais rien...

Il repartit en direction du foyer qui commençait à faiblir. Il finit d'un air mutin par dessus son épaule :

-... je me sens trop faible ce soir ...

Il chantonnait en marchant

"Alors il a décidé, d'arrêter d'prendre des douches,
de r'tourner vivre dans la forêt où personne le fais c***r.
Il est tell'ment poilu maint'nant, qu'on dirait un ours,
on comprend plus rien à c'qu'y dit, on dirait qu'il est
tout l'temps bourré
Et là, ouais là c'est la belle vie...
Et là, ouais là c'est la belle vie...

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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Dim 2 Mar - 18:18


We are our own worst enemy ! ❞



-Et bien t’as pas le contact facile, petite…

Pour toute réponse, le mastodonte dut se contenter d’un reniflement dédaigneux. Les yeux rivés sur ses bras sanguinolents, la jeune femme était bien décidée à ne pas se laisser attendrir par les grands discours de son acolyte. Pas question d’accorder le moindre crédit à ce qui n’était pour elle que de la psychologie de comptoir. En outre, le colosse était bien mal placé pour lui donner des leçons. Après tout, que savait-il des sentiments humains, lui qui n’était qu’un… montre ? A peine cette pensée eut-elle traversé son esprit qu’elle la regretta presque aussitôt, au moins autant que si elle venait de proférer cette insulte à haute et intelligible voix. Dans le même temps, il y avait de quoi être agacé d’être infantilisée de la sorte. Certes, son physique était celui d’une adolescente. Mais elle avait tout de même plus d’un millénaire au compteur ! Et contrairement à la plupart des habitants de cette île, elle avait été femme avant de devenir déesse. Par conséquent, elle savait mieux que quiconque ce que c’était que d’avancer, cahin-caha, croulant sous le poids de ses chagrins et de ses espoirs. Chacun sa chimère, comme dirait l’autre.

Alors qu’elle était plongée dans ses réflexions, le sol se mit à trembler légèrement au-dessous d’elle. Brusquement, elle releva la tête et constata avec surprise que son compagnon d’infortune, loin d’abandonner le combat – joute verbal serait le terme approprié – venait de s’accroupir quelques mètres plus loin pour être à son hauteur. Non sans une certaine appréhension, elle le vit s’élargir à mesure qu’il parlait, dévoilant des dents aiguisées et des muscles saillants. La démonstration faite par le géant était des plus limpides. Nul besoin de Prométhée ni du savoir divin pour comprendre où il voulait en venir. Evidemment, elle ne s’était pas attendue à ce que ses propres paroles déclenchent chez son comparse ce genre de réaction. La façon dont il grossissait à vue d’œil… Etait-ce une simple illustration de ses dires ou devait-elle se préparer à prendre ses jambes à son cou ? Dans le doute, elle opta pour une solution intermédiaire, à savoir ramper à même le sol pour s’éloigner, doucement mais sûrement, de celui qui semblait redevenu l’ennemi public numéro un.

Alors qu’elle imaginait déjà son prénom inscrit en lettres d’or sur la carte des desserts du mastodonte, celui-ci la surprit une nouvelle fois en se détournant d’elle pour lui préférer un gigantesque rocher. Il y eut un « crac » assourdissant et elle crut presque entendre la pierre descendre lentement dans le puits sans fond qui semblait lui servir d’estomac. L’espace d’un instant, elle eut un haut-le-corps qu’elle tenta tant bien que mal de dissimuler. Puis, le géant se remit à parler. Parler. Parler. Parler. Recroquevillée sur elle-même, elle l’écoutait avec intention, bien cachée derrière son air buté. Puis, il se tut. Il se leva. Et partit. En chantonnant, la laissant derrière lui, médusée. A sa grande surprise, elle fut presque déçue de le voir ainsi abandonner la lutte. En dépit de la peur qui lui avait noué l’estomac quelques minutes plus tôt, elle aurait presque espérer le voir déverser sa haine et sa colère sur elle plutôt que tenter de la comprendre. Les sentiments ? Elle ne savait jamais trop quoi en faire. Elle trouvait ça embarrassant. Seule la violence lui permettait d’exprimer cette souffrance qui la dévorait de l’intérieur.

Sans dire un seul mot, elle se leva et tourna les talons. Quelques pas mal assurés se transformèrent bientôt en de grandes enjambées puis en une course folle à travers la forêt. Comme chaque fois qu’elle usait ainsi de sa force surhumaine, elle avait l’impression de quitter son corps, d’observer la scène du dessus, comme un vulgaire spectateur de sa propre vie. Hurlant à pleins poumons des paroles incompréhensibles, elle s’enfonça dans les bois sombres, ne laissant derrière elle qu’une traînée de lumière aurorale. Cette crise ne dura guère plus de quelques minutes pendant lesquelles elle courut à en perdre haleine pour venir abattre ses petits poings serrés contre les arbres qui avaient le malheur de se dresser sur son chemin. Enfin, elle fut de retour près du feu, essoufflée, les joues légèrement rosies par le vent. Epuisée, elle se laissa tomber au sol avant de ramener ses genoux contre sa poitrine.

-Je n’ai pas toujours été une guerrière d’Asgard, déclara-t-elle enfin, comme si cette conversation n’avait jamais été interrompue. J’étais une femme avant d’être une déesse. Enfin, une femme… Elle laissa échapper un petit rire amer. Une enfant. Crois-moi, je connais bien les sentiments humains, y compris le plus dévastateur d’entre eux. Elle laissa le silence s’installer un moment avant de poursuivre, esquissant un vague mouvement d’épaules. Cette peau n’est pas une armure. Elle ne me sert pas à me défendre mais à me cacher. A me cacher de quelqu’un. Quelqu’un qui, pourtant, mange les pissenlits par la racine, et ce depuis des siècles. C’est comme une ombre… Une ombre qui plane encore… Là, quelque part…

Elle sentit sa gorge se serrer et préféra se taire. Elle resta là, silencieuse, laissant son regard clair se perdre un instant dans les flammes. Enfin, elle se tourna de nouveau vers son acolyte pour esquisser un timide sourire.

-Je t’aime bien, moi aussi. Et j’aimerais beaucoup apprendre à brasser la bière. Et de rajouter, dans un sourire espiègle : Bien entendu, ça ne fait pas de nous des amis. Seulement de bons camarades. Ou bien un groupement d’intérêt économique, comme tu préfères.



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MessageSujet: Re: We are our own worst enemy ! [Abel]   Dim 2 Mar - 23:00



Une fois encore, la personne à qui il parlait s'enfuyait dans la forêt, courant comme si les démons de l'enfer étaient à ses trousses. Une scène familière.

Mais cette fois, le prédateur ne la pourchasserait pas. Il n'aurait pas les moyens de la contraindre, de toutes façons. D'ailleurs, le craquement sinistre des arbres qu'on déracinait battait la mesure des hurlements de rage qui résonnaient dans la forêt. A quoi bon pourchasser la petite furie qui évacuait sa douleur dans le secret des frondaisons nocturnes ? Cette fois, il la laisserait prendre son destin en main. C'était à elle d'accepter ou non sa vérité.
Et il ne fut pas déçu.

Elle revint penaude, ses joues arborant désormais une teinte rose pâle du plus bel effet, embellissant son visage déjà fort appréciable. Elle revint, silencieuse à côté du feu, continuer leur conversation comme si rien ne s'était passé. Bien. Un bon début. Le géant l'écouta religieusement, en finissant de mâchouiller les restes du loup rôti. Il était intrigué par la vie de cette petite guerrière. Il y trouvait de nombreuses ressemblances avec ce qu'il savait de la sienne. Une fois le récit fini, Abel partit d'un rire sonore, qui roulait comme le fracas d'une avalanche de pierres par dessus les cimes courbées par le vent. Fut-ce le "Je t’aime bien, moi aussi" qui fit rougir le mastodonte à son tour, le ramenant à une bonne humeur encore plus exacerbée ? Fort probable... Même s'il ne comprenait que vaguement les allusions que la petite se faisait à elle-même.

-"Eh bien, il semblerait que nos destins aient étés de nous rencontrer, petite. Pour peu que je me souvienne, je suis presque sûr d'avoir été un homme, moi aussi..."

Il se cura négligement les chicots avec une branche pointue. Une dernière petite leçon, et cela suffirait pour la soirée.

-"Mais si j'ai bien compris, ta vie de mortelle était un calvaire, c'est ça ? Alors pourquoi tu ne prendrais pas exemple sur les humains, et tu ne la remiserai pas dans un coin en n'en tirant que le meilleur ?"

Sans attendre la réponse, il saisit un petit caillou qu'il projetta vivement sur la jeune femme, qui le reçut sur l'occiput. Il n'y avait mis aucune force, et seul son amour propre en serait blessé.

-"Par exemple, ça, c'est déjà du passé. Eh oui, le passé c'est douloureux. Mais, à mon sens, on peut soit le laisser nous engloutir... soit le fuir... soit.... tout en apprendre, et le laisser pour ce qu'il est."

Il reprit un autre gravillon et le jeta à nouveau sur son interlocutrice qui, cette fois, évita le projectile.

-"Ah, tu vois ? C'est instinctif. Tu n'en as retenu que ce que tu avais à en retenir. Tu ne vas pas passer le reste de l'éternité à lever les bras de peur de recevoir une autre caillasse ? Eh bien, voilà... Il ne tient qu'à toi de rester une victime ou pas..."

Il rigola de plus belle, à s'entendre parler ainsi. Il aimait faire le bien. Même s'il le faisait mal. C'était toujours mieux que faire le mal, et de le faire bien.

-"Bon, j'arrête de t'embêter pour ce soir... C'est bizarre, mais d'après la définition des mortels, tu es ce qui se rapproche le plus d'une amie. Enfin, je peux même pas te dire si c'est le cas ou pas, c'est la première fois que je parle à quelqu'un plus de cinq minutes sans le dévorer..."

Ce qui n'était pas tout à fait vrai. Il repensa au petit garçon avec ses frères, la nuit où il avait été frappé de conscience. Son regard s'attarda sur Paloma, toujours silencieuse. Oui, elle lui rappelait cette nuit là... Il aurait aimé dire beaucoup plus, mais son cerveau était déjà en état de surchauffe après ses leçon philosophiques qu'il s'était surpris à déclamer.

"... Je serais ravi de t'apprendre à brasser..."

Il mourrait d'envie de serrer la petite dans ses bras, de la remercier d'avoir conversé avec le monstre qu'il était. Il l'aurait embrassé... Sûrement le meilleur moyen de se faire décoller la tête des épaules. Tant pis, les cieux lui avaient déjà fait un présent magnifique en lui permettant de croiser la route de ce phénomène. Il en pleurait presque de bonheur. Aussi mouvementé qu'elle ait été, ça avait été une bonne journée... Levant les yeux vers les étoiles qui scintillaient dans le ciel dégagé, il dit d'une voix douce:

-"Elles sont magnifiques, n'est-ce pas ? Les étoiles... C'est vrai, à force on les regarde même plus, mais elles sont vraiment... magnifiques..."

Il huma les saveurs de la forêt endormie d'une longue inspiration du nez avant d'exhaler dans un soupir de contentement. Son estomac se faisait lourd et la fatigue, autant que l'émotion, embuait son regard. S'avisant que la montagne apparaissait par delà les pins, une soudaine envie le prit. Il se remémorait le chant des nains, ce peuple des montagnes qu'il avait autant combattu que côtoyé, et qui chantait à la fois la splendeur et l'horreur du passé, et qui gonflait le coeur d'espoir pour l'avenir.

Sa voix se fit grave, profonde, mais douce et chaude.

"Far over... the misty mountains cold...
To dungeons deep... and caverns old...
We must away... ere break of day...
To seek the pale enchanted gold...
"

(Des paroles qu'on a envie de toucher du bout de la souris ...)

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